des bouts de Marionette

J'écris sur vous, sur eux, sur moi, prends du plaisir, des photos, des notes, des couleurs, des lumières, des ombres... et des mots.

30 septembre 2007

De nouveau parmi la foule...

Pour un concert. The Police. Tout nus. Non c'est pas vrai.
On était 80 000 à être dans ce cas-là samedi 29 septembre au soir.
Je suis arrivée aux environs de 11h30 devant la porte D, euphorique et pressée. Un mec était déjà là, assis. J'étais surprise par deux choses : il avait l'air d'être arrivé il y a un moment déjà, et malgré ça j'étais absolument sidérée de voir que j'étais dans les premiers à élire campement sur le trottoir. Le mec était détrempé. Debout devant le Stade depuis 5h45 du matin, il s'était prit l'averse de 7-8h sur la tronche sans trouver d'endroit pour s'abriter # je donnerais ma main à couper (ou presque) qu'il n'a pas cherché par peur de se faire griller la place #. Non pas que sa compagnie me déplaisait, mais j'eus la très bonne surprise de voir un groupe de trois adultes arriver. Sympas, marrants, on a pic niqué en même temps. Ils m'ont proposé un verre de rouge servi dans un gobelet mac gerbal que j'ai poliment refusé. Tim qui venait spécialement de Bordeaux pour le concert m'a rejointe nettement plus tard. Comme je poireautais, lui pouvait prendre son temps, se lever à midi, déjeuner, aller jusqu'à l'aéroport Charles de Gaulle parce qu'il avait pas lu les panneaux, bref il était tranquille quoi. Il est donc arrivé super tard (enfin, super tard, c'est à dire 15h, soit deux heures avant l'ouverture des portes). Haaaalala.

Nous voilà donc surexités, au milieu de plein de gens qui pensaient (oh que c'est mignon) qu'ils nous passeraient devant quand les portes s'ouvriraient. Lorsqu'elles s'ouvrent, je poinçonne mon billet, cours vers les vigiles, le sac ouvert et l'éclat de rire au bord des lèvres, puis descends les marches deux à deux, cours à nouveau vers d'autres vigiles, puis encore vers une autre rangée (oui oui j'adore les vigiles) et enfin, descends les dernières marches. Ca y est. Je suis pour la première fois dans le Stade de France, j'y suis absolument SEULE pour quelques secondes, et je déguste ce moment. Je cours enfin vers la barrière de la fosse du fond (bah non j'étais pas dans la fosse de devant, ça coûte trop cheeer), et j'attends Tim. C'était fabuleux d'être la première. Le fan trempé (maintenant sec mais pas depuis longtemps) avait un ticket qui ne se faisait pas valider par la machine, il est donc arrivé après moi. Il m'a dit qu'il avait les boules "par ce que quand même j'étais là 5h30 avant toi". Bizarrement, je m'en fous.

La fosse se remplit de plus en plus, mais elle n'est pas encore pleine. Les gradins restent très clairsemés un bon moment. Une playlist est mise en marche. Elle doit durer à peu près 15 mn, ce qui fait qu'on l'a entendue environ 10 fois. On a fini par la huer mais ils l'ont pas arrêtée pour autant.
Des holas démarrent, s'arrêtent, repartent, le virage Sud se fait beaucoup huer, puis l'Ouest, l'Est était génial, la fosse Nord (juste devant la scène) n'a pas levé les bras, et nous, ben... la moitié Est était à fond et l'autre moitié faisait toujours tout foirer. J'ai été déçue de voir qu'aucun mouvement n'a fait le tour du stade. J'en demande beaucoup je crois!
Enfin, le noir. Ca commence presque à l'heure. Le groupe Fiction Plane arrive. Le son était suuuuper trop fort, de bonnes idées, on retrouvait un peu de tout (U2, Police, ...) mais super compact, comme du concentré. Manque de bol, ça donnait un ammas de décibels pas super top. Puis bon, pour jouer au Stade de France, porter un jean de merde et un tee-shirt délavé et déformé, franchement ça vraint. Quant à la musique, faut voir à la longue ce que ça donne, mais pour le moment j'irais pas les voir, même gratis. Ce n'est que dans le métro pour rentrer chez moi que j'ai lu le tract qu'on nous avait donné. Le chanteur du groupe n'est autre que le fils de Sting. Forcément, ça aide... tsssss nul.
Re-noir, lumière, re-la playlist (qui s'est faite huer pour de bon ce coup-ci!), 30 minutes, re-noir, acclamations, et la batterie lance le concert.
J'ai halluciné. J'ai vécu un momet inoubliable et exceptionnel, tant sur le plan musical qu'émotionnel.
Le batteur, ridé, cheveux gris en contraste avec son bandeau-éponge noir, des gants blancs spéciaux... j'ai cru qu'il tomberait en syncope après le deuxième morceau. Il a assuré comme un ouf jusqu'au dernier moment sans jamais montrer un signe de fatigue ailleurs que sur son visage. A l'écoute, tout le temps, des pérégrinations mélodiques du guitariste et du chanteur, il a fait une prestation aux percu absolument géniale. Des choses que je n'avais jamais entendues auparavant. Extraordinaire.
Le guitariste tirait la tronche. Concentration maximum ou engueulade avec Sting? Les deux sont probables et pas incompatibles. Il nous a fait des solos de toute beauté, notant une virtuosité étonnante. Toujours à l'heure, il a cependant fait quelques entorses à la tonalité, mais personne ne lui en tiendra rigueur. Je pense que quand Sting venait lui hurler quelque chose à l'oreille (c'est arrivé deux fois), c'était "STOP NOW!" Simple supposition, mais comme à chaque fois il arrêtait quelques temps plus tard...
Sting, le cheveu court, les yeux bleus flamboyants, une patate hallucinante, une voix niquel, a été une révélation. Ce mec est un Freddy de la scène. Un barj', une bête de scène, un monstre sacré, une BEAUTE. Papa m'a téléphoné à un moment, sans doute pour entendre un peu de musique, mais j'ai été dans l'obligation de lui dire : "ah non écoute papa là faut que j'te laisse, ya Sting qui me parle, tu comprends... te vexe pas hein, mais là faut que je raccroche".

Posté par gastonette à 11:59 - Sur la scène du monde... - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


28 septembre 2007

Euh... la sortie s'il vous plaît?

Pommée. Comme grosse pomme. Ou poirée. Comme bonne poire. Pommes, poires pourries.

Ma tête blonde
me manque... je suis allée là où l'on dansait toujours ensemble, quelle bêtise. J'ai tenu 5 minutes.

Mais j'ai le béguin pour un petit canard, qui pourtant semble ailleurs. L'impression de déranger, de ne pas être invitée dans son univers... attendre ? ou mettre un orteil pour goûter la température ? Je risquerai de le perdre... l'orteil je veux dire. Et le petit canard avec...

Alors je regarde l'intégrale du destin de cette pétasse de Lisa. Bon sang mais quelle merde ce feuilleton. Et pourtant, de A à Z, même en allemand. Je comprends quelques mots dont j'ai rien à foutre. Super.

Mon nouvel ordinateur fait des merveilles, mon nouveau portable aussi, mais ils ne reçoivent pas les bons mails ni appels ni textos, et ne traduisent pas en instantané les séries à la con. Ils ne donnent pas non plus accès au buffet de mariage de Lisa pouet pouet.

Je savais que je m'étais faite enfler. Trop bonne, et décidément trop conne !


Au passage, même dans cette série de merde il y a un numéro archi gagnant dans le casting. Elle joue Sophie Von Brauhmchépaquoi et s'apelle Gabriele Scharnitzky ('tes souhaits!). Présence, classe, beauté, vérité, elle est vraiment top. (bon quoi on sait jamais! Si un producteur allemand passe par là!)

Posté par gastonette à 02:01 - Des bouts de vie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 septembre 2007

Le paradis et la Peri (1/2)

J'ai rejoint ce superbe orchestre pour le programme Le Paradis et la Péri de Robert Schumann.
Pour le plaisir des oreilles, voilà le numéro 11 de cette suite. C'est pas le plus simple, loin de là. D'ailleurs si vous faites gaffe, à un moment y'a une sorte de tapis sonore fait de doubles croches bienbien rapides pour faire mieux, ben c'est nous qu'on les joue. Qu'on est censés les jouons, plutôt.


On a répété comme des tarés tout le week end en Alsace.
Au moment de partir, vendredi, j'étais très inquiète. Les partitions, que j'avais reçu un peu plus d'une semaine auparavant, m'apparaissaient comme ce genre de truc trop dur qu'on appelle "mon Everest" ou, là, en l'occurrence, j'ai nommé "mon paradis". Je me posais sérieusement la question de ma présence là-bas. Mais finalement, la peur au ventre et rougissante à l'avance de mon incompétence, je suis montée dans le train.
Pour être brève, comme les répétitions sont au nombre de 1 week-end et demi (deux jours + une répet + la générale, après c'est les concerts), qu'il y a un orchestre de 60 musiciens et un choeur à peu près aussi nombreux dont 4 solistes, autant vous dire que le chef # qui n'a, même en temps normal, pas franchement l'habitude de glander ni faire semblant # nous a fait mettre les bouchées doubles.

J'étais logée chez des gens a-do-rables dans le centre du petit village où on jouera dans 3 semaines. Ils sont venus me chercher à la gare vendredi soir, m'ont filé une chambre super confortable qui donne sur un petit jardin qui sent bon le matin, c'était super. Le samedi matin, avant que je parte, ils m'ont donné un paquet de mikados au chocolat pour mon 4 heures j'ai trouvé ça adorable! D'autant que j'étais contente d'en avoir, vu la journée que je me suis payée.
La répétition commençait à 9h30, dans la nef d'un très vieux cloître magnifique.

Tous les musiciens étaient à leur place et prêts pour commencer à l'heure, le chef est arrivé à ce moment, on s'est accordés, et on a commencé le déchiffrage. Bon, pour moi un déchiffrage équivaut à une tentative, le plus souvent désastreuse, d'alignement de 5 mesures d'un coup sans s'arrêter et si possible au même tempo. Là, c'était plutôt "t'occupes pas des signaux mets du charbon" ; en gros, on s'est arrêtés quand une entrée a été foirée par un musicien, au bout d'une demie-heure... A 10h30, une pause de 10 minutes. Je prends ce temps pour dire bonjour à quelques têtes que je reconnaissais, au chef, à mon ancien prof de violon, ici concertmeister (le prem's de tous les violons). Je papote quelques instants avec le musicien qui est juste derrière moi et qui n'arrête pas de balancer des blagues à tout bout de champ. Bon, j'ai beau être aussi concentrée que possible et à l'écoute du chef qui est vraiment supra intéressant, quand il lâche une bonne blague bien vaseuse, je peux pas faire semblant de ne pas avoir entendu... et quand je me retourne vers le chef, qui me regarde d'un air de de dire "bon ça y est?", là je rougis. Tout l'orchestre est d'accord pour dire que je suis à une place très délicate : devant ce mec à l'humour désopilant, forcément à une place de laquelle on ne voit le chef que très mal, et à côté d'une dame qui n'arrêêêêête pas de parler et qui voit pas très bien # je lui laisse donc, par courtoisie, le pupitre devant elle, aux frais de ma colonne vertébrale mais j'ai compris qu'il fallait pas que j'essaye d'écouter tout ce qu'elle disait, sinon je démarre jamais # Bref, toutes ces constatations faites, revenons-en à notre récit. On reprend donc la répet pile à l'heure, et comme elle n'était censée durer que jusqu'à midi 30, l'accord final est tombé à midi 29 et demi. Voilà. Normal quoi. Typique. Le chef a déclaré "Il est midi 30. Merci, bon appétit et à tout à l'heure !"

L'après-midi a été consacrée au travail sur certains passages. Puis une pause nous a été donnée # quelle générosité... c'est touchant #, et enfin, nous avons répété par pupitres jusqu'à 21h. Là j'ai cru m'évanouir. Je n'avais jamais eu de répétition aussi crevante, à être toujours sur le qui-vive à guetter le moment où les bras du chef s'immobiliseraient pour donner un départ un quart de seconde plus tard à un tempo endiablé. Les chaises, très inconfortables bien qu'originales, avaient donné mal au dos à tout le monde, les épaules étaient fourbues aussi, d'avoir eu les bras en l'air si longtemps # Djac, stp ne me dit pas qu'il y a une position idéale qui fait que t'as jamais mal nulle part, parce que je me verrais dans l'obligation de t'en demander tous les détails... # et comme si ça ne suffisait pas, mes ptits soucis de fille me retournaient le bide depuis le milieu de la journée. En fait, samedi soir, j'étais au bord de la crise de nerf/évanouissement/crise de larmes/auto-destruction stomacale. Nous sommes allés au restaurant avec tous les autres musiciens comme prévu à 21h30. On s'est nourris de pain et de vin à défaut de voir nos assiettes se remplir, ce qui ne nous a pas empêché pour autant d'engloutir le délicieux plat qui est arrivé une heure après. Sortis de table à 23h30, c'est la première fois que je vois 0 musicien (pas même un seul cuivre!) prêt à aller boire une bière, surtout en Alsace ! On est tous allés se coucher, crevés.

Dimanche matin, la répet a commencé à 10 heures pétantes avec le choeur. C'est là qu'on s'est rendu compte de la trahison : c'est eux, ces espèces de crieurs d'étoiles, qui nous avaient piqué nos chaises-spéciales-pas-mal-au-dos, eux, les gens qui s'en servent qu'à moitié parce qu'ils chantent debout!!! Bref. On les leur a laissé, tout en étant absolument certains de faire l'échange en catimini avant la répet pré-générale qui aura lieu dans 3 semaines, ni vus ni connus. Quoi c'est pas honnête! C'est eux qui sont pas cool!
Dimanche matin donc, le chef demande le numéro 26, le dernier mouvement de l'oeuvre. Parés, il démarre comme un dingue. Trois temps plus tard, quelques personnes n'ayant pas pris le départ, le chef arrête les fabuleux musiciens qui avaient réussi ce prodige, et redonne le départ. C'était fabuleux. Les solistes démarraient un peu quand bon leur semblait mais à part ça, c'était que du bonheur. Il faut quand même une concentration en béton pour s'y retrouver dans la partition quand on a un choeur derrière soi, des changements de mesure à foison, accélérations, coups d'archets foireux et des dièses et des bémols comme en pleines soldes. En plus, déjà que sans le choeur j'entendais pas très bien ce que je jouais, mais là, on peut dire que c'est complètement mort. La répétition se termine de la même façon que la veille, pile poil à l'heure, et on file au restaurant.
Le restaurant avait prévu 60 personnes, on était 115.
On a pas eu un repas très consistant mais c'était très bon, et, franchement, bravo au cuisinier qui nous a quand même servi assez rapidement ! On a même pu reprendre la répet une heure trente plus tard. A 16h30, c'était terminé, à 45, les instruments étaient pliés et on partait pour la gare, l'aéroport ou en voiture, en fonction des destinations et moyens de transport de chacun. Et à dans trois semaines !

Si quelqu'un habite en Alsace vers Colmar ou Mulhouse, et que la musique classique lui est supportable, je l'invite à se faire connaître, je crois que ce sera magnifique, et qu'il faut qu'un maximum de personnes puissent en profiter.

Posté par gastonette à 15:44 - Bafouilles musicales - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 septembre 2007

Oscar et la dame rose

Un livre de Eric-Emmanuel Schmitt dont j'avais mis un extrait dans mon précédent blog.

Il passe au théâtre du Montparnasse en ce moment, joué par Anny Duperey. C'est beau. Et simple, aussi. Et triste aussi, cela va sans dire.

J'y suis allée ce soir avec une amie. Je n'avais pas lu le texte depuis longtemps et avais bien envie d'aller voir ça. L'an dernier déjà cette même comédienne le jouait dans un autre théâtre parisien. J'avais pris ma place et avais commencé à faire la queue mais ma cousine me rejoignant m'avait convaincue que je passerais un meilleur moment avec A et elle autour d'une bière que seule sur mon fauteuil à pleurer. J'avais donc revendu ma place... # Ouais ben quoi, z'auriez fait pareil à ma place! Non mais... #
Bref je disais donc que j'avais revendu ma place, et que c'était quand même un chouette hasard que ça reprenne un an plus tard.

Evidemment, avec tout ce qu'il s'est passé depuis ma dernière lecture, mon regard sur le texte avait considérablement changé sans que je ne m'en aperçoive, puisque je ne l'avais pas relu, donc. # euh... attends j'ai pris 25cl de cidre, c'est quand même pas... hum bref #

J'ai eu l'impression de revivre la mort d'Anne-Sophie. La dernière lettre, la seule écrite par Mamie Rose (naaan pas d'explications, lisez le bouquin!), m'avait fait pleurer quand je l'avais lue, mais là j'ai littéralement déversé un torrent de larmes. Un p'tit bouchon à l'hosto qui se demande ce que c'est que le courage, la souffrance, l'amour, la haine, la peur et la confiance, qui est là parce qu'on a tiré pour lui le mauvais numéro, qui meurt parce qu'il faut que des enfants meurent parfois, sinon la vie est trop tranquille... Tant de peines pour une si courte vie...

Cela fera sourire ma mère quand je lui dirai que j'ai beaucoup pleuré, et elle ajoutera d'un air complice "Aaaah... et comme ça, t'as fais ton deuil ?..."


Pas de critique technique sur ce spectacle parce que y'a rien à redire. Du moins à mon avis.
 

Posté par gastonette à 01:22 - Sur la scène du monde... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 septembre 2007

Ensemble pour toujours

On m'a raconté l'histoire de deux amants. Ils étaient beaux, jeunes, passionnés, ivres d'un bonheur pur. Trop pur. Ou trop sale. Ou simplement, trop. Deux amants qui sont nés le jour où ils se sont embrassés pour la première fois. Vite, ils ont eu peur l'un de l'autre, de leur folie naissante, de leurs petites morts, de leurs regards, de leur(s) violence(s), de leur tendresse, de leur mort, de leur vieillesse. Peur d'être ensemble comme d'être séparés. Peur d'être à l'autre et de ne plus s'appartenir. Peur de se confondre ensemble. Mais comme ils étaient jeunes, ils ont cru à l'Espoir, qui leur disait de sa voix éteinte qu'ils pouvaient tout recommencer. Alors, forts de ce bout de certitude, ils se sont éloignés l'un de l'autre comme deux siamois le font : en s'arrachant le coeur, le corps, l'âme, la souffrance et le bonheur.

Ils se sont mariés chacun de leur côté. Lui, avec une femme douce et gentille, qui ne fait pas de vagues ; à peine a-t-elle crié en mettant au monde ses deux enfants. Deux petites têtes blondes qui grandissent dans un jardin où même les fleurs semblent préserver leur beauté grâce au calme qui règne au sein de ce foyer. Elle, avec un homme plus vieux qu'elle, et plus riche aussi. Un homme qui a su la prendre dans ses bras en attendant qu'elle s'offre à lui, qui a su baisser les yeux, quand elle pleurait encore pour un autre, et être là quand elle en avait besoin. Elle ne lui a pas donné d'enfant.

Huit longues années plus tard, ils s'étaient presque oubliés. Mais quand les nouveaux voisins vinrent se présenter au jeune ménage et à leurs deux petites têtes blondes, le sang des amants de nouveaux face-à-face ne fit qu'un tour avant que la passion n'hurla, déchirant comme un brouillon la page de leur(s) vie(s) intiltulée d'une encre déjà effacée "les huit années suivantes".

Rien n'avait changé. Leur haine l'un pour l'autre, leur amour, leur désir, leur peur, leur battement de coeur, tout était encore bien vif et partagé contre leur gré. Rien n'avait pris la poussière : pour elle, sa beauté n'en était que plus puissante, ténébreuse et silencieuse, ses cheveux plus brillants encore, son sourire plus doux. Pour lui, son regard était plus intense, ses mains plus précises, son corps plus mur. Les amants s'aimaient encore. Pas comme on aime quelqu'un avec qui on a vécu, non, pas cet attachement bizarre et dénué de tout amour réel. Non, ils étaient encore désespérément en manque continuel l'un de l'autre. Et afin de garder l'illusion qu'ils pouvaient se rassasier l'un de l'autre, ils se revoyaient dans un petit hotel, et même ces courtes entrevues ne pouvait dissimuler l'aspect sombre de leur passion. "Tu me fais peur!" "Ne pars pas, reste." Quand ils se retrouvèrent côte-à-côte sur le seuil de leur folie, tout n'était plus que besoin, et rien ni personne ne pouvait plus rien faire pour eux.

Désormais ils ne se quitteraient plus, pas même dans la mort. Jamais.

 

Posté par gastonette à 13:00 - Epanchements en tous genres - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 septembre 2007

Je suis fidèle en amitié. Très fidèle.

     J'aime beaucoup Odile. C'est une nana adorable, belle, intelligente, sympa, bref c'est un chou. Un de ses défauts est la mythodécouvertomanie automatique ~ oui oui, ne faites pas cette tête, ça existe ~ dès qu'il s'agit de faire à un personnage lambda le portrait de quelqu'un qu'elle aime bien. Aussi, comme on s'aime beaucoup mutuellement, vous comprendrez aisément qu'il m'est absolument impossible de savoir ce qu'elle dit de moi aux gens avant que je les rencontre.
     Odile a eu la chance de rencontrer cet été l'élu de son coeur ~ pourvu que ça dure! ~. De chacun(e) sait combien il est usant de passer son temps avec une de ces allumées angoissées, plus connues sous le nom de "amoureuses" ou plutôt, "raides dingues". Bref.
     J'ai réussi à faire bonne figure pendant plus de 10 jours passés chez elle, à lui répéter avec le même sourire ravi ("Oh chouette, oui! Parlons encore de C!") que oui, vous allez très bien ensemble, à supporter son sourire débile, tout le temps fourré avec ses yeux dans le vague charmant, ses sautes d'humeur... et C comme centre de presque toutes les conversations. Nous sommes rentrées à Paris ensemble, et il me tardait de rencontrer ce fameux C, histoire de baffer le visage qui me lourde déjà tellement avant même de l'avoir vu constater de l'intelligence, la beauté, l'éclat et le charme de cet Apollon. ~ Dites donc, qu'est-ce que je fais comme ratures! ~.
     Ayant dormi hier soir chez elle, il a fallu toute la soirée pour décider de ce que les deux tourtereaux feraient le lendemain et de ce qu'ils mangeraient le midi. Soit, je comprends qu'il faille que ce soit parfait. Ok. Mais quand j'entends ma trèèès chère Odile me dire, alors que Morphée m'emmène dans d'autres sphères, sur le ton de la discussion :
- "Ah au fait pour demain, est-ce que tu pourrais t'habiller, eeeuh... hum en fait voilà, je lui ai un peu parlé de toi, et
- ODILE ! QU'EST-CE QUE TU AS ENCORE RACONTE SUR MOI COMME CONNERIES ??? ~ vous remarquerez la fluidité de la phrase : c'est à force de passer mes lèvres.~
- Ben, en gros, que tu faisais du théâtre et que hum euh t'avais un look original très assumé... enfin
- QUOI ? Attends attends déconne pas ça veut dire quoi ça ?
- Bah demain, si tu pouvais mettre une tenue un peu ouf, genre tes chaussettes à orteils bariolées, une écharpe dans les cheveux, enfin je sais pas...
- Ouais, et des tongues aussi, et un gros nez rouge, non? Pour aller à Bastille ça serait super classe, tu crois pas?
- Nan mais tes chaussures bizarres marron ça serait parfait... et puis pour le reste j'te fais confiance, tu trouveras
- T'as raison ouais
[PAUSE II] Bilan : Odile a dit à son mec que j'étais un clown, elle trouve mes chaussures marron moches, et puis elle s'est sûrement pas arrêtée là, à ces tout petits mythos de rien du tout, faut creuser encore. [PLAY I>]
- Boooon... tu veux pas aussi que je prépare un ou deux sketches, aussi, non? Parce que si tu veux, j'ai qu'à pas dormir de la nuit pour faire rire mÔsieur et passer trois heures à m'attifer pour un mec que je connais pas, et que je croiserai deux fois 3 minutes à l'entrée et à la sortie de Bastille, hein! Ok. Sérieux tu lui as dit quoi encore? Nan mais vaut mieux que je sache quoi, on sait jamais... Parce que moi je veux bien assumer tout ce que tu veux, mais que je sois au courant quoi.
- Oh pas grand chose, je sais plus trop... je lui ai peut-être dit que tu connaissais Depardieu parce que vous aviez joué ensemble, des trucs du genre... ~ j'espère que vous notez que l'amitié avec Odile, c'est de la haute voltige. Et ses mythos relèvent du prodige. ~

Après un réveil à peine mouvementé ~ j'ai réussi à grand peine à lui faire mettre le réveil à 10h plutôt que 9h30 (pour un RDV à 12h30) alors imaginez l'état de fébrilité de la demoiselle, le damoiseau venant dans ce même appart deux heures 30 plus tard! ~, on s'est mises à tout ranger, tout nettoyer. Tu parles, un appart de trois nanas, ya des tubes de crème vides jusque sous les toilettes. Les copies aux bonnes notes en évidence, un bon CD dans le lecteur... Je peux vous dire que ça reluisait. On a même fait les vitres ~ les deux principales, faut pas déconner non plus ~, une première depuis son emménagement, il y a maintenant deux ans. Ensuite, tout une discussion sur le "tu crois qu'arriver les cheveux mouillés ça fait trop à l'arrache? Parce que quand même j'préfère me laver après le ménage... et j'me maquille? Parce que s'il me jette dans une fontaine comme la dernière fois ça va couler, il va le voir et je suis sure qu'il aime pas le maquillage, mais ce serait mieux, patati patata tu crois pas? et gnagnagna..." Il faut préciser qu'on a passé 10 bonnes minutes au dessus de son lit à déblatérer sur le fait/défait négligé/soigné genre je cache la misère mais c'est pas non plus crado, etc... En partant de l'appart, mon sac à la main, j'ouvre le mini-four l'air de rien, j'appelle Odile, et là c'est l'éclat de rire. On avait, fruit d'une centaine d'heures sur le sujet, convenu qu'Odile étant la reine des quiches, qu'elle en ferait une à C. Mais là, c'était sur, il fallait prendre en considération le fait qu'il était inimaginable qu'il puisse ne serait-ce que poser ses yeux sur l'antre dégueu dans laquelle leur substantifique repas allait crâmer cuire.
     Enfin, moi rentrant à la maison, elle allant chercher C au métro, voilà t'y pas qu'elle menace de s'évanouir, comme quoi il fait trop chaud (sans blagues!), qu'elle a peur... mais quelle chochotte celle-là!!! Mais en rentrant à la maison j'ai été comme une conne devant la glace: Merde. Attends ça c'est in-assumable, ça c'est trop classe, ça ça va pas, ça c'est pas mal mais non, etc...
GRRRRRRrrrrr...
Je suis et resterai fidèle en amitié
Je suis et resterai fidèle en amitié
Je suis et resterai fidèle en amitié
Je suis et resterai fidèle en amitié
Je suis...

Posté par gastonette à 17:43 - Des bouts de vie - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 septembre 2007

(Oh...) lucky me !

Voilà une autre chouette chanson ~ toi qui marmonnes que je me fais pas chier, je te merde ~ de Sarah Slean : Lucky me tiré de l'album "Day One". Les paroles sont vraiment chouettes, alors si certains ne parlent pas du tout la langue de Shakespeare et me payent très cher (surtout ça), je voudrai bien la traduire. Je l'avais entendue l'été dernier aux Extravagances de Biarritz ~ elle était encore brune ~ un festival qui avait mis en tête d'affiche Louise Attaque. C'était très chouette mais j'avais préféré la petite inconnue seule à son piano. Elle vient du Canada, est très peu connue, très sympa en plus, et moi, j'adoooore. Alors voilà, si certains connaissent, tant mieux, sinon, bonne découverte!

Silence wears a new suit
To his coffee, toast and eggs
But he has to skip the stairs now
cause of two broken legs

Whine whine I cannot climb
Everytime's the same
I'd be more inclined to help him
If he could remember my name

And you're sad and you're sorry
Let it all out what are you running for?
This is your chance be ready?
I'm taking my seat o Lucky Me

Fate can't fill the dance hall
'Cause her powers have declined
But at the beauty pageant
She will always take the prize

Light light Easter white
Roll her in the dirt
When it comes time for kneeling
She'll say 'You go first'

And you're sad and you're sorry
Let it all out what are you running for?
This is your chance be ready?
I'm taking my seat o Lucky Me

A wise man once tried to tell me
How to sugar-coat the grave
But the game is for the adults
And I don't know how to play

O o where will I go?
Toss me out to sea
When the jar's all out of candy
Don't come blaming me

And you're sad and you're sorry
Let it all out what are you running for?
This is your chance be you ready?
I'm taking my seat o o!

O you're sad and you're sorry
Well let it all out what are you running for?
Tell the whole world we're waiting
I'm taking my seat o Lucky Me

La la la la...

Posté par gastonette à 13:35 - Bafouilles musicales - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1