11 mars 2008
Les "boulettes"
D'abord Marion Cotillard, ensuite Sharon Stone ; les deux actrices ne "croient pas" au 11 septembre.
C'est une claque à toutes les familles amputées, à tous les traumatisés, à tous ceux qui ont été touchés - de près ou de loin - par la destruction de ces tours.
Soit.
Mais enfin, doit-on exiger des gens qu'ils taisent ce qu'ils pensent ?
Ils n'y croient pas : et alors ? Qui et quoi leur prouverait que ce que l'on a vu dans tous les médias n'étaient pas des créations de personnalités haut placées ? Ou que l'idée n'était simplement pas née dans un cerveau n'appartenant pas à Ben Laden ?
Rien.
Ce qu'elles ont dit prouvent bien que l'horreur est trop grande pour être réaliste, ou qu'elles sont comme St Thomas et ne croient qu'à ce qu'elles voient.
Je n'y vois rien d'autre, pas d'injure à qui que ce soit, et ne comprends pas qu'on se paye leur tête. Et dire de Sharon Stone que le botox est nocif pour ses neurones, c'est vraiment bas, car c'est loin d'être l'actrice la plus conne. Et s'ils ne sont pas fichus de s'en apercevoir, c'est que c'est le con qui parle.
09 décembre 2007
Qui croit en Dieu ici ?
1. Je ne suis pas pratiquante, je suis bâptisée et ai fait ma première communion.
2. Ce billet a été inspiré par celui d'Ardalia.
Odile (que vous devez finir par connaître, à force!) a un papa diacre. Pour ceux qui connaissent pas comment ça marche, ça veut dire qu'il est à peu près comme un prêtre, sauf que lui peut avoir une femme, des enfants, tout ça. En bref il a la place de choix, de mon point de vue.
C'est un homme sage qui, avec sa femme bien sur, a élevé ses 6 marmots dans la foi chrétienne la plus totale. Pas un ne manque la messe dominicale. Enfin si, Odile, un peu, mais faut pas le dire. Tous ont une foi en béton, et considèrent leur engagement dans l'Eglise comme une priorité dans la vie. Ayant toutefois un respect le plus total pour les non pratiquants ou pratiquants d'autres religions, ils attachent beaucoup d'importance aux messages d'amour et de fraternité envoyés par le Seigneur.
J'ai beaucoup papoté religion avec Odile. Et quand je lui disais que j'étais croyante intermittente, elle m'a répondu que j'avais une foi sans doute plus grande que la sienne. Inutile de vous dire que j'étais un chouillat interloquée.
Vous vous demandez : Mais pourquoi?! Hein quand même?! aha, nous y voilà.
La foi, selon moi et contrairement à ce que certains curés et fervents pratiquants s'obstinent encore à dire, c'est pas filer plein de thunes à la quête ou au clodo du coin de la rue, c'est pas faire des courbettes devant notre pire ennemi(e), c'est pas se retenir de faire l'amour à son mec jusqu'au mariage (ou même après parfois), et c'est pas non plus se bloquer une heure tous les dimanches. Ca peut le faire aussi, tout dépend de ce à quoi on aspire et de ce à quoi on croit ou non. Mais l'essentiel n'est pas là. Tout ça ne sont qu'interprétations données, d'années en années, par les curés et les fidèles.
En fait, pour Odile (et pour moi), le message envoyé par le Seigneur,
c'est : aime ton prochain, et pardonne-lui (comme je t'ai pardonné tes
péchés). Voilà, ça, c'est la FOI.
Pas besoin, pour ça, de croire qu'une sorte de gentil génie nous regarde de derrière les nuages. Pas non plus besoin de croire que le jour du jugement dernier on obtiendra la rédemption et/ou la vie éternelle. Pas non plus besoin de croire en tout ce qui est écrit dans les évangiles et dans la Bible. Et pas besoin d'être bâptisé. De toutes façons, Dieu il nous aime tous. Aussi meurtrier qu'on puisse l'être, aussi méchants, alors le bâptême, tu vois... Il a son importance symbolique pour les parents, bien sur, et je pense que je bâptiserai mes enfants, mais c'est pas parce que t'es pas bâptisé que tu comptes pas à ses yeux.
Quoiqu'il en soit, la foi est quelque chose qui va au-delà des relations humaines simples du "c'est ma pote" "c'est mon chéri" "je le déteste". Il y a des choses que l'on reconnaît être du ressort d'un ordre plus grand, plus spirituel que notre monde humain vil et caca. Il y a des choses qui, selon moi, ne sont pas dûes au hasard ou à la chance. Des choses pour lesquelles, je me dis que putain, c'est fou ça quand même... et dans ces moments-là, je me dis "je sais pas en crois je crois mais j'y crois, y'a un truc qui m'dépasse".
Mais 'voyez, faut pas envoyer chier la foi, bien que parfois ça rende les gens un peu ridicules, car pour certains, c'est salvateur. Les parents de mon amie Anne-Sophie, s'ils avaient pas eu la foi, ben je sais pas où ils seraient maintenant. Et ma cousine aussi, qui a perdu son mari et qui a trois petiotes sur les bras et un ex-beau-père odieux. Et quand le bonhomme est mort, 30 potes, dans l'heure qui a suivi les coups de fil, se sont pointés dans une église, tous ensemble, pour prier. 30. Et le jour de l'enterrement on était plus de 500. Pratiquants ou pas, croyants ou pas, tout le monde a chanté et pleuré ensemble.
Voilà, moi je crois que tous ceux qui sont allés dans une église autrement que par devoir, ont la foi, d'une façon ou d'une autre.
Voilà pourquoi je crois rarement quelqu'un qui se dit "athé". Parce qu'il a beau avoir la certitude de ne pas croire en Dieu, la plupart du temps il croit en l'amour. Et pour ça il a "Dieu" dans sa poche.
22 novembre 2007
Bilan de position
Y'a des moments, j'm'assume pas.
Bon, pour ceux qui me connaissent dans la vraie vie de vrai, et même pour ceux qui n'ont fait que me lire encore, il n'est pas difficile de comprendre pourquoi.
Déjà, j'ai le fendage de poire super facile. Mais vraiment très très facile. Collez-moi devant une daube, je vais me bidonner comme une tarée. Sauf Caméra Café cette merdasse en boîte, Kaamelott et les Grands Duc. # y'a rien à faire ça me fait pas rire, sauf quand ma cousine Odile se penche vers moi à la JP Marielle en me disant dans le creu de l'oreille : "j'ai rêvé de nous... nous étions nus." # Montrez-moi quelqu'un qui se viande tout seul comme un grand, j'en peux plus. Une personne qui se fait maîtriser par la machine qui est censée la servir. En fait, l'homme dépassé par ce qu'il a créé, ou ce qui le dépasse. Genre, mon parrain est rentré dans une pièce, je pleurais de rire en lisant un Gaston Lagaffe (une merveille ces BDs!) Je passe (donc) souvent pour une folle, parce que ce ne sont pas des choses qui prêtent au rire naturellement.
Ensuite, je suis grande. Très grande. Enfin c'est pas l'avis de tout le monde, mais c'est le mien, et comme c'est mon blog, ben c'est moi qui décide. DONC je suis très grande. Cent soixante quinze centimètres de hauteur, et je parle même pas de la largeur, ni de l'épaisseur. Au moins quinze centimètres, si c'est pas cinquante. Ou soixante douze. Non ça va je ne suis pas trop épaisse.
Et puis, on me regarde dans la rue, je m'en rends bien compte, les gens doivent trouver que j'ai un beau corps. Je le trouve pas exceptionnel, et, surtout, je trouve mon visage monstrueux. Si ça grattait pas et qu'on avait moins chaud dessous, je crois que je porterais volontiers une cagoule à l'envers. Comme ça on verrait mes cheveux mais pas ma sale gueule, et les gens me regarderaient que là où je sais que c'est beau. En bref les gens me regardent et j'ai l'impression de prendre encore plus de place, une place qui n'est pas la mienne. Toujours faudrait-il que j'en aie une!
Tout ça sans parler de ce que je raconte. Parce que c'est souvent de la merde. En fait. Du moins c'est beaucoup moins intelligent, bien placé et bien formulé que je ne l'aurais voulu. Mais quand je voudrais me reprendre, effacer et recommencer, ben, c'est trop tard. Et la haute estime que j'ai de moi veut que je me trouve moins conne que ce que je pense laisser paraître. # ça doit être pour ça que j'aime tant écrire ! # Surtout que dans le genre pluspontanétakamourir, je suis pas mal du tout. Et quand il s'agit de nourrir une discussion, même si j'ai un avis super précis de ce que je veux dire dans ma tête, quand ça sort, ben c'est le bordel. Ca sort dans n'importe quel ordre, j'oublie des choses, je m'embrouille, je rougis, et là, si j'ai pas encore trop sorti de conneries, les gens me regardent en attendant la suite. Et la suite, je la connais, elle est au bout de mes lèvres, mais je vois tous ces gens qui m'écoutent et je me dis que j'ai pas droit à tout ça. J'ai pas droit à tant d'attention : mes idées sont pourries, je les dis mal et je suis trop grande et je ris fort.
Par contre, le soir de la rentrée de l'école, je présentais un texte que j'aime beaucoup de Blaise Cendrars, et quelqu'un m'a dit que j'avais une belle voix. Ca fait du bien. Au moins, je dis de la merde mais si c'est agréable à entendre c'est ça de pris, non?!
En bref, j'en suis là :
A pas pouvoir assumer d'être sous les regards de plein de gens qui attendent à priori plein de choses de moi, et moi qui suis pas en mesure de les leur donner.
Et j'ai les mains moites et je sais plus où me foutre elle est où cette putain de cagoule même s'il fait chaud dessous même si ça gratte même si j'y vois rien m'en fous au moins je vois pas vos regards.
D'où vient que j'ai cette angoisse... elle est récente...
Et si je m'assume pas plus que ça, c'est même pas la peine de songer à monter sur le plateau. Alors faut que je guérisse. mais comment??? That's the question...
Etudiants vs président
# Les trois quart des facs françaises sont bloquées depuis le 13 novembre. Nous sommes le 22.
# Les étudiants ont des AG dans leurs facs respectives au moins tous les deux ou trois jours depuis cette date.
# Des journalistes viennent. Des radios, des photographes, des caméramans, ils enregistrent, captent.
# Je ne veux pas croire qu'ils viennent à ces AG pour ensuite mettre leurs documents à la poubelle.
Et pourtant où vont-ils, ces documents?
J'en ai pas vu beaucoup. Presque pas, à vrai dire.
Les étudiants et les profs manifestaient auprès des cheminots et de la fonction publique le mardi 20 novembre.
On avait RDV à 14 heures place d'Italie. On est arrivé aux Invalides à 18h30, trempés, rompus, les chaussures bousillées et les pieds congelés. Y'avait du monde, ça j'peux vous l'assurer. Mais bizarrement, après avoir savouré un chocolat, on s'est plantées devant le JT avec des potes. Et pas UN mot sur les étudiants. RIEN. Ils n'ont même pas précisé qu'on était dans le mouvement.
Alors je m'interroge :
# TF1 n'était pas au courant? C'est bizarre quand même, on était pourtant pas franchement fondus dans la masse.
# Les radios n'étaient pas au courant? J'ai pourtant vu des étudiants se faire interviewer.
# Les photographes n'avaient que des photos floues? Ah, ces fichus appareils... que de la daube, hein?
Alors je me demande : peut-être le président a-t-il demandé à ses copains de pas trop en parler... voire pas du tout ? Du genre "allez ils vont bien se calmer un jour, laissez-les gueuler dans leur coin"... Koko a trouvé le meilleur moyen de soulever une colère énorme chez le peuple, j'espère qu'il s'en rend compte.
30 octobre 2007
Notre bien-aimé chef d'Etat se remercie
"Avec un salaire revalorisé de 140 %, le président Sarkozy devrait gagner du pouvoir d'achat. (...) Le salaire mensuel du chef de l'Etat serait ainsi revalorisé de 140%, de 8.300 à 20.000 euros bruts.
Ce qui fait un salaire annuel qui passe de 101.488 a 240.000 brut"
Lu sur la page d'accueil de Yahoo
1. Il supprime des postes à l'éducation nationale pour réduire la dette.
2. Il augmente le nombre de flics.
3. Il fait faire des examens ADN aux "étrangers".
4. Il fait quelques cadeaux à ses amis. D'où le changement d'avis de notre Djoni national. Mais quelqu'un qui n'a pas de quoi bouffer paye ses impôts tout de même. Sinon c'est la taule. Par contre, Djoni, il chante bien et il est cool alors on va fermer les yeux. Mmmh? Oui oui. Chut, dors.
5. Il s'augmente d'un clic de souris (mais qui paye?)
6. A quand la proclamation d'une présidence à vie?
Ce mec est un traître. Il frappe dans le dos les gens qui ont compté sur lui. Donne-moi ta main. Et prends la mienne, mais dans ta gueule.
Ne jamais mélanger vie perso et vie pro, coco, tu devrais le savoir. Va faire ta psychanalyse pour y régler tes complexes et on en rediscute.
18 octobre 2007
Où l'on parle du désespoir et d'énergie vitale (3/3)
(Ce billet vient à la suite de celui-ci, et c'est la fin)
Pour avoir passé un bon moment à me triturer l'esprit sur ce qui me retenait ici-bas sans trouver de bonne raison, je pense avoir goûté suffisemment au désespoir pour le reconnaître à des kilomètres. Quand je demandais à ma mère de me faire une liste des raisons pour lesquelles il fallait que j'abandonne l'idée de tout planter là, elle me donnait, en mère aimante, tout plein de qualités qui me paraissaient énormes. Bien trop écormes pour que j'y croie. Un peu du genre « le père Noël t'apporteras une mercedes, 100 balles et un mars à la vanille ». Parmi elles, la sensibilité. J'étais un garçon manqué (selon moi, à l'époque, ça voulait dire fille (et encore) maladroite et imbécile), ma première histoire d'amour s'était mal terminée, je ne voulais plus entendre parler des mecs. Bien que ça ne m'empêchais pas de tomber amoureuse à nouveau, mais en silence cette fois. L'idée que j'avais de moi était entre la baleine poilue et le cendrier. En gros. Alors qu'on me parle de sensibilité, quelle blague! Je me rendai compte des années plus tard qu'elle avait bel et bien raison. Bref c'est à ce moment que j'érigeais en certitude ce que je clamais avec fierté depuis de nombreuses années déjà : jamais je ne passerai ma vie derrière un bureau à compter ou rédiger des courriers pourris pour un patron qui m'a embauché pour ma paire de guibolles. Mais ce n'est qu'au cours de cette discussion tard dans la nuit, que mon parcours s'expliquait à mes yeux : ce n'était pas par fierté que j'avais choisi le milieu du spectacle, ni par narcissisme, puisque je me trouve monstrueuse, ni encore par talent, puisque mes débuts sur scène étaient vraiment très mauvais. Je décidai de travailler dur, très dur même, pour quelque chose qui m'intéresserait et que j'aurais envie de faire. Cette décision était née d'un besoin.
Je découvre maintenant que c'est par besoin que j'en suis là : un besoin impérieux de me prouver que je ne suis pas un grain de sable perdu sur la plage, un corps au milieu d'autres dans le métro, une suite de caractères dans la pile de Cvs. Besoin d'avoir une vie extra-ordinaire, et de chaque jour relever le défi, chaque jour pouvoir m'allonger en me disant que j'ai eu raison de continuer. Besoin d'être reconnue, de marquer les esprits, de savoir que j'ai signifié quelque chose pour quelqu'un aujourd'hui. Non, je ne ressemble ni à Florence Foresti, ni à Valérie Lemercier, ni à Romane Boringer, je ressemble à Marion J. et je vous emmerde. Un besoin de réacquérir chaque jour la certitude que j'ai eu raison de rester sur Terre. De là naît une exigence accrue envers soi-même : je ne me donne pas le droit d'être mauvaise, bête, maladroite. Le seul problème, c'est que j'ai, du coup, beaucoup de mal à considérer les gens qui se laissent aller. Je veux de l'exception, une vie-dynamite. Evidemment, vous pensez bien que l'exigence que j'ai envers moi-même m'interdit totalement de tricher. L'exta, c'est pas pour moi. Et si jamais j'en ai besoin pour « décoller », alors c'est que je n'ai plus rien à faire ici-bas et que j'ai râté.
Voilà pourquoi j'ai une telle admiration pour les « monstres sacrés », ces êtres qui savent donner leur être dans toute leur originalité ; qui, pour la plupart, ont le mal de vivre, mais qui le dépassent toujours pour vous emmener dans les étoiles.
J'aime ce "toi d'abord!"
15 octobre 2007
Où l'on parle du désespoir et d'énergie vitale (2/3)
(c'est la suite de ce billet.)
Quand on quitte la maison familiale, pour commencer une nouvelle vie où tout est à (re)construire, la peur est plus présente que jamais. Nous sommes alors très vulnérables à beaucoup de choses, l'hypersensibilité se fraye un chemin (que dis-je un chemin, une autoroute!) dans la vie quotidienne et chaque moment devient primordial. Voilà deux années que j'ai quitté le nid, je pensais donc m'apaiser petit à petit. Mais depuis le début de l'année 2007, les évènements douloureux se succèdent : décès, maladies, divorce des parents. Et chaque fois, je sentais la barque frôler la fêlure fatale. Mais la vie continue. Voilà la phrase insupportable que j'entendai, à 12 ans, alors que ma grand-mère que j'aimais tant décédait d'un accident de voiture.
La vie continue. On croirait, à entendre ces mots en début de course, que la vie est quelque chose de monocorde qui a des hauts et des bas, mais pas trop, que c'est une ligne continue qui ne s'interrompt que lorsqu'on meurt. Mais elle s'interrompt à longueur de semaine, parfois de jours. Un « je t'aime » et la voilà qui fiche le camp, le temps de bien réaliser ce qu'il se passe. Un « il est mort » alourdit tellement le coeur, qu'il s'arrête de battre un moment. Les sirènes hurlent dehors, mais la vie s'arrête tout de même. Pour reprendre son souffle.
Mais quand la vie prend un peu trop l'habitude de s'arrêter, on fatigue.
Chacun est plus ou moins vulnérable à ce qui lui arrive au cours de sa vie. Je pense pouvoir affirmer sans trop me tromper que je fais partie des gens qui se font gifler par une feuille morte qui tombe d'un arbre, et non pas caresser. (Je laisse ce privilège à la gent masculine...) Être une artiste. Je veux dire une personne qui s'intéresse et vit de l'art par besoin (quel médiateur fantastique!), ayant la chance de disposer d'une sensibilité qui lui permet de recevoir et donner peut-être plus que les autres, mais s'exposant ainsi à une perte de soi. On dirait un peu un psy à la noix qui expose sa théorie, ça craint. Et vous devez déjà savoir tout ça... J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur.
J'apelle par gifle ces perles de malheur qu'on apelle « désillusions », et qui nous collent à la peau, à la voix et au regard pour le restant de nos jours. Nous disions que chacun fait un choix quand il se retrouve face à cela. Le choix d'en faire de la tendresse ou de l'aigreur. Et ce que chacun fait de ces perles se voit sur son visage quand il vieillit. Il n'y a qu'à regarder les rides des gens dans la rue, c'est passionnant.
La vie se gagne tous les jours. Chaque matin représente des épreuves à surmonter, des joies à laisser exploser, et des identités à rencontrer. Jamais nous n'avons la possibilité de nous reposer, et c'est difficile de comprendre comment en faire un avantage et non une fatigue.
Mon amie me demandait si, quand on était trop fatigué, il n'était pas préférable de toucher le fond une bonne fois pour toutes, pour enfin taper du pied et remonter à la surface. En y réfléchissant, nous trouvions que deux choses s'y opposaient : d'une part, le désespoir est sans fond. Quand on y est, c'est pour de bon, et jamais nous n'en atteignons les abîmes sauf quand vient l'heure de mettre un terme à sa vie. Alors comment taper du pied sinon dans le vide? D'autre part, il n'est pas possible de décider, consciemment ou non, d'y plonger... et que ça marche : chacun de nous possède une énergie vitale. Une réserve de choses, comme un petit cagibi de sentiments. Une journée ne s'achève jamais (du moins c'est mon cas) sans que j'aie donné des choses, et reçu d'autres. Ainsi certains jours, où je n'ai pas touché mon violon ni ma guitare, où je n'ai pas écrit ni discuté avec quelqu'un, je me trouve le soir dans l'incapacité totale, physique et mentale, de m'endormir. Je dois alors ouvrir mon petit-cahier-pourri-de-petites-notes-sans-suites, et y gribouiller des phrases jusqu'à ce que je sois enfin déchargée et épuisée.
L'énergie vitale est toujours présente en nous. Elle nous aide à tenir tête à tous les soucis, à réconforter des amis, et surtout, à interdire au désespoir de s'installer, et d'émerger au beau milieu du conscient, comme s'il était invité permanent. Non mais, il manquerait plus que ça.
Nous avons distingué l'énergie vitale de l'instinct de survie. L'instinct de survie est la protection dont nous bénéficions permanence (ou presque). C'est l'instinct de survie qui fait qu'il existe des tentatives de suicides, et non pas que des suicides. L'instinct de survie permet à une mère de soulever une voiture si son enfant se trouve sous ses roues. Il joue sont rôle dans l'inconscient, bien sur, et c'est sans doute lorsque les deux entités se disputent (alors que consciemment, on sait pas trop à quoi on pense, on est juste un peu mou, le regard bas) que nous atteignons cet état « second » et incontrôlable de morosité.
En fait, cette discussion m'a permi de me dire que je n'étais pas cette fille en qui tout le monde voyait quelqu'un de solide, mais une jeune fille qui a le droit d'aller mal, même si son entourage ne peut pas l'entendre. Même si les parents, théoriquement toujours là, n'entendent rien de ce que je raconte et me répondent à côté. Oui, vous devez penser que c'est même leur spécialité.
Maman est une femme, papa est un homme, je suis une presque-femme un peu paumée mais à présent, j'ai la certitude d'être une personne à part entière, et même si j'ai confiance en la bonne dose d'énergie vitale que je reçois chaque jour, je viens de comprendre ce que signifie un combat quotidien et perpétuel contre la certitude de ne rien avoir à foutre ici, sur terre.
08 octobre 2007
Où l'on parle du désespoir et d'énergie vitale (1/3)
J'écris ce texte suite à une discussion qu'une amie et moi avons tenu il y a peu, et qui depuis hante toutes mes pensées. Il y aura certainement parmi vous des personnes susceptibles de comprendre ce que j'ai déjà tenté d'exprimer suite à cela, mais qui n'a pas encore été entendu.
Commençons par le début. Voilà maintenant quatre ou cinq ans que je m'intéresse au travail de Mylène Farmer, à son univers ; c'est-à-dire depuis le moment où l'adolescence à commencé à remuer violemment mes pensées. J'entendai par hasard, à la radio, une de ses chansons, je ne sais plus laquelle. Sans doute était-ce A quoi je sers ?, puisque les mots « à quoi bon vivre ? Mais mon Dieu de quoi j'ai l'air ? Je sers à rien du tout », je m'en souviens, résonnaient tout particulièrement dans le cerveau d'une jeune fille assistant à des évenements perturbants et se posant des questions existentielles impossibles à remettre à plus tard. Voir des amis se laisser détruire jusqu'à la mort pour s'être laissés guider par des adultes était insupportable. Plus Grandir, jamais ; je me sentais en Désenchantement et n'osais pas Rêver par peur que ça me retombe sur le coin du nez un jour ou l'autre.
Autant vous dire que quand j'ai trouvé, par hasard, un double CD live de son premier concert parmi un tas de vinyles et Cds de Bob Dylan et des Beatles appartenant à mon père, le petit boîtier noir est passé du salon à ma chambre pour bientôt ne plus quitter ma petite chaîne hi-fi. J'ai compris quelques temps plus tard, quand j'osais déclarer à mes parents que je trouvais dans ces chansons un soutien (enfin quelqu'un avait eu la force de dire tout ça, enfin je comprenais l'importance de dire), qu'eux n'étaient pas du tout sensibles à cette musique ; je mettais donc le sujet de conversation « Mylène Farmer » aux oubliettes, avec une pointe de regret.
Il me semble que c'est elle qui ait eu l'effet déclencheur quand je m'intérrogais sur la nécessité d'écrire. Ce n'était pas vraiment le genre du collège où j'étais, de penser à la mort, ou, pire, au suicide, ou encore de remettre en cause l'existence et la toute bonté/puissance/(côté relou)/sainteté de Dieu. Je m'achetai alors un beau cahier, vite oublié au fond d'un tiroir. Mes lignes n'était certainement pas dignes de si belles pages. J'optais pour un cahier de brouillon "pourrave", un petit truc tout simple auquel il manquait des pages, dans lequel personne n'aurait l'idée d'aller fouiller. Et voilà que j'écrivais des poèmes, très mauvais au demeurant. Mais enfin la balle était lancée.
Nous en venons là où je voulais en venir (oui, pas trop tôt, n'est-ce pas!) :
Un soir tard, en rentrant à pied d'une soirée quelque peu arrosée avec une très chère amie (après avoir voulu utiliser les Vélib' mais nous ne comprenions pas le mode d'emploi... hum), nous discutions de sujets hautement philosophiques (mais si!) comme le désespoir, l'énergie vitale, et les désillusions. En rentrant dans l'appartement, à 2h30, je me frappai le front avec un « ah ben voilà ! J'en ai mis du temps ! ».
Je m'explique : un homme âgé et très sage m'avait dit au cours d'une conversation, que le fait qu'une petite fille me choisisse pour marraine, bien que je ne croie en Dieu que par intermittence, était dû au fait que je dégageais une aura de nana bien dans ses pompes qui a trouvé et choisi sa voie, et que la petite fille avait besoin de cela, sentant qu'elle approchait de l'adolescence. Une autre personne que je connais un peu contredisait ce point de vue au cours de cette soirée, en disant que j'avais un regard qui parfois s'assombrissait, trahissant une infinie tristesse indéfinissable et profonde, et qu'en cela je ne dégageait pas l'assise sobre (!) et réfléchie de quelqu'un suffisemment fort pour soutenir des personnes en difficulté.
Les deux étaient vrais.
...suite au prochain épisode...
24 juillet 2007
Des désirs meurtiers
Où ai-je entendu qu'aucun homme n'avait sincèrement horreur du crime ?
C'était une voix grave, blessée dans son timbre et très doucement rauque, suavement féminine. Ce ne pouvait être que M. (Quelle comédienne...)
L'horreur du crime ou la peur de blesser n'est que la carapace bien solide et bien pensante d'un désir inavouable.
Ma mère me dit souvent que le sourire est l'arme la plus redoutable qui existe. Pour l'avoir expérimenté, je sais bien que c'est vrai. Je sais aussi que s'entêter à vouloir apprécier les gens coûte rarement plus de peine que de les repousser d'emblée. Je sais encore que certaines personnes s'arrêtent souvent sur la première impression, réflechissent et trouvent un "type de personne" où elles pourraient bien caser chaque nouvelle rencontre. Ce n'est pas blâmable, c'est une façon d'apréhender le monde extérieur comme une autre. Les autistes aussi ont leur façon d'accepter, ou de refuser ce qui les entoure. Voilà. A chaque personne sa p'tite cuisine, chacun son trip, comme on dit.
Forte de ces certitudes et de ces constatations, voilà que je me casse la tête à essayer de comprendre quelles raisons pourraient faire que deux personnes ne se parlent pas, puissent rester dans la même pièce sans s'adresser un regard ou un geste, même minime, alors que leur histoire et leurs comportements sont fondamentalement différents. Comment est-ce que le silence arrive-t-il à persister dans une situation si particulière et bouleversante pour deux esprits si opposés l'un à l'autre ? Refuser de partager est une offense. Quelque part, ça veut dire qu'au delà de ne pas s'intéresser à l'autre, c'est aussi le refus que l'autre s'intéresse à soi. A-t-on le droit de refuser à l'autre de s'intéresser à soi? N'est-ce pas une atteinte à sa liberté ou à son droit d'opinion ? En tous cas, tout le monde y perd.
Ce n'est pas que je veuille à tout prix être pote avec la terre entière, c'est simplement que je pense que chaque rencontre doit être consommée sans gaspillage. Il y a trop peu de belles personnes sur terre pour risquer de passer à côté de celles qu'on a la chance de croiser.
Mais quand on est victime de l'avarice affective des gens, quand on fait un pas en avant et que l'autre en fait deux en arrière, il y n'y a pas trois mille hypothèses, parce que quand même, on est pas des sauvages : trahison, blessure, souci extérieur à ce rapport ou préjugé. Quand il n'y a rien de tout ça, il me semble que l'on devrait être dans la contrainte de s'expliquer. Sinon, l'incompréhension se transforme en haine et refus et c'est là que l'on se met à vouloir blesser l'autre.
Et cette avarice existe. C'est blessant parce que les victimes qu'elle fait sont placées plus bas que le niveau 0 : non seulement je ne te connais pas mais j'ai même pas envie de te connaître, je suppose que tu n'en vaux pas la peine.
Je suis victime d'une avare, et j'ai envie de la blesser pour qu'elle me considère. Je ne veux pas qu'elle m'aime, je ne veux pas qu'on soit potes, je veux qu'elle me considère comme quelqu'un. Un être vivant avec une cervelle, aussi petite soit-elle, un corps qui prend pas beaucoup de place mais qui se voit quand même dans une pièce, qui a vécu, grandi. Je ne veux plus lui faire de bien parce qu'elle m'a blessé et qu'elle s'en fout. Ou qu'elle n'a pas vu, mais j'y crois moins. Je veux lui faire du mal, pour de vrai. Je ne suis pas capable de le faire mais j'en ai l'envie. C'est terrible de se sentir méchante.
Je ne suis pas angélique, je comprends qu'on puisse ne pas m'apprécier, mais être considérée comme un meuble (qui en plus ne contiendrait rien d'utile ou enrichissant : super), c'est au dessus de mes forces. Alors quoi, faut hurler pour se faire entendre, pour dialoguer un minimum? Ca je sais faire, mais je garantis un résultat plus que médiocre...
15 juin 2007
Bosser chez Mac Gerbal
Depuis deux jours que j'y suis, je peux déjà répertorier les avantages et inconvénients pour chaque statut :
Le Caissier : plus souvent nana que mec, la personne est chargée de sourir à tout le monde, du petit gamin crieur qui change d'avis 20 fois sur sa micro-boisson à mettre dans son apimile au connard de base qui bougonne son repas gargantuesque repas composé de 3000 trucs supplémentaires. Le plus difficile n'est pas de sourire au connard quand il arrive, mais de garder son calme quand lui perd le sien parce que tu n'as pas tout capté tout de suite. Quand t'en es, comme moi, à ne pas avoir mémoriser les quelques 300 touches qui figurent sur ton écran, c'est coton. Le caissier ne doit jamais avoir l'air de ne rien faire. Quand il n'y a pas de clients au comptoir, il doit faire quelque chose, n'importe quoi, mais quelque chose : essuyer le bar à boisson pour la 20eme fois consécutive, mettre des sachets de ketchoupe un par un dans ton mini bac bleu en ayant l'air très affairé. Evidemment, le caissier doit servir les éléments du menu dans un ordre bien précis sous peine de remontrances de la part de ses supérieurs (le client s'en balance sévère), se laver les mains toutes les heures et ne pas dire de gros mots. C'est le plus difficile.
Le Cuisto : Ca, je l'ai pas encore expérimenté. C'est un mec (les nanas sont à la caisse) qui doit avoir des gestes précis et rapides pour faire des hamb dans un temps record et sans rien foutre par terre. Celui qui fait les frites a pas de chance, c'est chiant. Celui qui fait les hamb a encore moins de chance parce que c'est encore plus relou, sachant qu'il est plus loin de la distraction essentielle : les clients.
Le mec du lobby : c'est celui (en général on est 2 ou 3) qui est en salle. Il vide les poubelles : en 4h on a du en virer une bonne cinquantaine, uniquement à l'étage. Et c'est un petit mac gerbal! Il remet des serviettes et des pailles, passe la balayette par terre souvent, la serpillère 5 fois par jour, passe un coup sur les tables de temps en temps, nettoie les cocas renversés avec le sourire, descend les plateaux, les met dans la machine et les repose aux caisses. Il est gentil avec les gamins qui lui font des croche-pattes et souhaite bon appétit aux clients sympas. Le mec qui m'a formé est un habitué du lobby. Il m'a dit "quand t'as essayé tous les postes et que t'es un poil lucide, tu te rends compte que c'est le meilleur, alors moi je le demande tout le temps et c'est le pied". En effet quand il n'y a personne tu papotes avec les habitués et c'est sympa. En plus, le passage de la serpillère, comme ça se fait à deux, permet de longues discussions.
Le manager : le manager est un équipier, sauf qu'il est ancien (au moins un an), qu'il a le droit de donner des ordres aux autres et ne rien faire, ou faire semblant avec moins de zèle qu'un simple équipier. A part deux, pour le moment, je les ai tous trouvé imbuvables, secs et cons. Mais je peux me tromper. Je continue d'être invariablement gentille, souriante et obéissante tandis que la pouffe au chemisier rose m'ignore cruellement. J'ai beau avoir 20 plateaux qui me tombent des bras, elle ne remuera pas un sourcil. J'arrive avec une poubelle dégoulinante dans chaque main et des plateaux dégueu sous le bras, elle laisse quand même la porte battante se refermer derrière elle avec un "tu t'en sors?" dé-sourir-isé..
Le directeur : Très stressé les jours d'inspection, il va empêcher qu'une jeunette comme moi soit à la caisse parce que l'inspection se fait aussi - et surtout - sur la rapidité du service. Content de la charmante équipière qui fait de la lèche aux inspecteurs en leur enlevant les frites et pailles sales de sous les pieds à grand renfort de sourires, il la félicite (mais j'espère bien!!!). Il paraît que quand le Mc gerbal a une bonne note, les travailleurs ont une prime. J'y crois moyen m'enfin on sait jamais. Ah et puis il matte le cul des filles.
Le directeur adjoint : presque tout le temps là, il est grand, black, et magnifique.
Le client : ravi d'être servi par une équipe sympa, il mange avec plaisir ses frites froides et son sandwich dégueu. Avec un peu de chance, il a même des frites chaudes. Il va péter à tout rompre pendant toute la sainte journée au bureau mais il est content, il s'est fait péter le bide. Il se fait redonner un coca au comptoir après avoir renversé le sien pour regarder les fesses de la nana au lobby essuyer le sol à ses pieds. Il supporte l'attente qu'implique le fait de se faire servir par une débutante, quand celle-ci est souriante et fait le clown.
ps : il n'y a vraiment que le mc mythic qui vaille le coup au mc gerbal. Il est très bon. Sérieux. Le lait, c'est du Grandlait donc no risk, mais les cornichons faut pas y toucher. Vraiment.





