des bouts de Marionette

J'écris sur vous, sur eux, sur moi, prends du plaisir, des photos, des notes, des couleurs, des lumières, des ombres... et des mots.

05 février 2008

Au loin

Ils sont beaux. N'ont de l'espoir bu aucune goutte, mais le transpirent.
Ces enfants du bonheur consument chaque jour le sang que leur mère ont versé pour eux.
Quand la parole les porte, leur visage ardant se tournant vers la foi embrase les feuilles mortes, qui s'envolent, tournoyant, jusqu'à se fondre dans la mer.
Leur indulgence à l'égard des lâches n'a d'égal que l'ignorance de ces derniers.
Ils ne rêvent que lorsque la tempête courbe leur échine.
Et, lorsque, épuisés par le jour, ils laissent leur corps rompu s'évaporer, la nuit universelle les enlace...

Qu'il est salvateur pour les faibles d'avoir le maigre pouvoir de rêver à un monde meilleur.

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15 décembre 2007

(H)OMBRE

Il faut me résigner, et cependant... Cependant il est toujours là, avec sa belle gueule souriante et son allure gênée d'exister.
Il faut me résigner, dites-vous.
Mais j'aime trop mon bourreau pour arrêter de souffrir.
Nos mains semblent attirées l'une par l'autre, comme nos bras, nos corps entiers lorsque nous marchons côte-à-côte.
Nous nous heurtons.
Ivresse
Trouble
et euphorie, douce euphorie.

"Je vais mieux". Qu'est-ce que cela veut dire?
Que l'on s'embrassera de nouveau pour se séparer encore?
Mais qui sommes-nous pour avoir si peur? Nous devrions être inconscients, nous autres jeunes gens.
Et pourtant...

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08 décembre 2007

La fraternité, tout de maïme...

Comme de chacun sait, les soucis de famille, ça brise les gens
Ca coupe les jambes, comme on dit
Parfois les liens, et même parfois la famille entière
Mais parfois, ça recadre.
Comme pour la mort de ma grand-mère : on s'ouvre les bras et on s'offre l'épaule pour pleurer "Allez, va, on va se serrer les coudes, t'en fais pas ma chérie je suis là, tout le monde est là pour tout le monde".
Bon en l'occurence ça n'a pas marché très longtemps donc c'est un mauvais exemple.
Mais depuis le divorce des parents, nous, les soeurettes, on a tout lâché
Tout abandonné de nos relations tendues
Pour revenir à l'essentiel : on a le même sang, on est des jumelles de la vie quoi, merde
Et il n'existe plus rien, maintenant, de nos jalousies
De nos querelles plus ou moins justifiées
On a tiré un trait indélébile
Tourné une page
On fait blocus au malheur, héhé le con!
Ok, les parents.
Mais nous, on tient bon. Hein les filles?!
Ouais nous en s'en tape maintenant, de ce qui peut arriver
On sait qu'on est 4 en 1. Pas même 4 en 2.
L'aînée qui fait sa crise d'ado à 22 ans parce qu'elle ne se l'était pas permis avant : trois soeurs à s'occuper parce que maman est pas souvent là, et une amie qui va très mal, faut être costaud, s'agit pas de faire petite mine.
La n°2, moi, qui ai grandi correctement, ma crise au bon moment, avec un Victor toujours là, dans l'histoire j'ai eu du pot!
La n°3 qui faisait des insomnies et se posait des questions existentielles à 12 ans, qui a commencé à grossir rien que pour faire chier maman, mais qui va mieux. On lui a dit, nous, que c'était son corps, fallait pas jouer avec ça. Avec les mots si tu veux, mais le reste sert à rien, alors prends soin de toi ma pucinette. Depuis elle crie beaucoup, c'est bien elle reprend ma place sonore, restée vacante depuis presque trois ans.
Et la n°4 qui était un peu la ptite, la gamine, celle qui reste dans son coin, qui dit pas grand chose, dont on est obligé de tirer les vers du nez pour qu'elle lâche ces putains de sanglots, et qui maintenant éclot d'une beauté divine.


Ouais, nous on se serre grave les coudes.
Et je l'aurais jamais cru.
J'en suis toute remuée, quand j'y pense...
Elles me manquent, les bougresses!

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06 décembre 2007

Sur un nocturne de Chopin

Je pense à tout ce qui nous sépare avec horreur.
Pourquoi Chopin a-t-il appellé ces pièces des nocturnes?
Ces touches appuyées, ces mélodies veloutées, c'est nous.
J'aime entendre les respirations profondes du pianiste, leur source.
Ce sont nos soirées, nos rencontres, nos peines et nos désirs.
Je ne suis pas médecin, mais nous pouvons nous rendre heureux.
Un de ces jours, il faudra que je lui dise...
Que je ne lui dirai rien. "Au revoir, porte-toi bien." Bise, bise.

Et s'éloigner avec la sensation douloureuse d'un... acte manqué.

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03 décembre 2007

l'écriture automatique

J'ai tenté, pour voir...
Des idées sans suite, je n'ai pas relu, écrit en quelques secondes, par-ci par-là, des fautes d'orthographe, je ne corrige rien. Cadeau. Si c'en est un...

Il paraît qu'il en a bavé en attendant de pouvoir sympathiser avec moi. J'étais trop froide, trop distante, « sur la défensive » ou même agressive.
Mon grand frère, toujours là, même loin. Un petit mail que je ne comprenais pas et qui parlait d'effet « boule de neige ». Pas question d'être en vie ni d'être bien, jsute survivre. Merci. ET puis mourir dans tes bras, ou loin de toi mais dans ta pensée, cela aurait suffit à me faire perdre courage. Pour de vrai. Ou pour de faux, qui sait.
Gémir frotter bousculer bancal banal banane.
Traire yoyo jojo par derrière et par devant.
Exit la tranquilité. Heureusement que j'ai toujours eu tes bras, mon Victor.

Marie/Victor, les meringues pour le thé, l'odeur de l'herbe fraîchement coupée me donnera envie de toi, Guillaume.
T'en souviens tu? Il avait suffit d'une guitare pour que nous ne nous embrassions pas.
L'herbe coupée aura à tout jamais ton visage, et celui du soleil qui se lève derrière les pins quand la nuit touche à sa fin. Tu passais te doucher avec une unique serviette autour de la taille... j'avais envie de toi.
KO treize fois armer les loups garre à vos fesses ils sont là, et leur amour va déchirer la face du monde.
Rien ne sera plus comme avant.
Poil aux dents.

Des idées jamais accouchées, la mort interminable et toujours répétée d'un embryon façonné à notre étreinte. Porte ta croix trace ta route et suis ton chemin, va mourir patriote de mes deux.
Je te hais comme tu m'aimes, je t'adore comme tu me fuis, comme tu nous fuis et comme ta fausse lâcheté ou ton courage nous soude et nous fond dans les portes entr'ouvertes. Le Styx nous attend avec patience, Guillaume, regade-le. Son air malin de mec qui crâne ne me fais pas peur. Et toi? Je n'ai pas peur car il n'aura pas mon corps vierge. Quand il plongera en ses méandres mon corps, je serai tellement pleine de ciel bleu et de ton sang, tellement asséchée de haine que je pourrai le boire en entier sans même être de mauvaise humeur.
La peur n'esrt pas ma tasse de thé  je suis la sienne mais je m'en balance qu'est-ce que ça change pas ma vie ni la tienne ni la nôtre alors quoi?
J'aime.

L'écriture automatique n'est pas là pour débrider mais pour laisser filer l'hémorragie, pour permettre la petite mort des mots. Ne pas en abuser, come de l'absinthe. Les doigts qui parcourrent le clavier ne savent jamais omment s'arrêter,  comment arrêter d'enfoncer des touches insensibles aux différences de force des pressions, de l'ordre des lettres.
Ca pourrait faire une chanson mais l'insensibilité gagne toujours au moment oùil serait salvateur qu'elle s'érige en force. En entité. En PAROLE.
Le contact avec les touches est fébrile, je sens mes doigts excités, mus par un désir de tout dire, tout déverser. Mais ça retient quelque part, je le sais je le sens, Par peur, ENCORE.
Cette foutue peur
Je l'emmerde je l'aime je la conchie. Ma peur, mon paradoxe.

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23 novembre 2007

Ces femmes...

Je ne sais pas pourquoi j'ai mis ce billet en ligne. Il ne me convient pas tout à fait, il n'est pas exactement comme je voudrais, il m'échappe... mais peut-être que c'est en cela qu'il sera comme je voulais qu'il soit.

    Il y a des femmes qui me troublent.
    Il s'agit d'un trouble tout particulier, qui n'a pas grand chose à voir avec ce que je peux ressentir face à un homme.
    Des femmes qui éveillent en moi quelque chose de vraiment spécial.
    Des femmes qui, quand on les voit, même si c'est très rapide, dans la rue, dans le bus, vous sautent au visage.
    Une foule de sentiments différents, disparates, forts et fuyants, qui captent toute votre attention le temps d'un regard.

    J'ai de l'admiration pour leur façon d'être là. Elles ont beau ne pas parler fort, ne pas être remarquables, il est impossible de ne faire que passer à côté. Parce qu'il est lisible dans leur regard qu'elles n'attendent rien. Elles y sont, simplement, avec tout l'éclat de leur aplomb insolent. L'aplomb insolent de celle qui sait pourquoi elle est là ; de celle qui va quelque part avec détermination.
    Et paradoxalement, ces femmes paraissent toujours lointaines. A moins que ce soit le regard que l'on porte sur elles qui nous emmène loin?...
    Ces femmes qui semblent en accord total avec leurs actions. Qui, si elles trompent, le font de tout leur être, sans demi-mesure aucune et sans peur des autres. Ces femmes qui n'ont peur que d'une seule et unique chose, et en cela elles touchent à la vérité : leur être propre. Peur d'elles-même plus que du regard des autres.
    Ces femmes qui ont une beauté toute particulière, la beauté élégante, chic, la beauté de l'écrin dont on ne sait jamais vraiment ce qu'il renferme. Mais dont on ne doute à aucun moment de la valeur.
    Autant il est facile de rire de beaucoup de choses, mais comment rire de ces personnes-là? Leurs failles sont trop lumineuses, et comme elles ne cherchent pas vainement à les cacher, elles n'ont pas ce brin de ridicule risible que l'on porte tous avec soi. Elles ont la modestie et la force de ne pas se battre contre mais avec leurs faiblesses.

    A ces femmes, je voudrais dire que je les aime, et que je voudrais leur ressembler un peu, au moins un peu, avant de passer de l'autre côté. Qu'elles sont tout ce contre quoi les hommes effrayés - plus communément appellés machos - se battent. Et qu'elles sont tout ce qui est le plus beau sur cette terre.

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21 novembre 2007

Promesse

Par ce vieux sur le banc
Par l'élégie chantée
Par cet âne bâté
Par l'oiseau mourrant

Ton rêve se dessine
Chaque nuit plus vraiment
Et mon songe en répand
Chaque jour la résine

Par le père et la mère
Par la corde et le bois
Par la scie et le bras
Par le voilier en mer

Mon rêve te dessine
Chaque nuit plus présent
Et mon songe en répand
Chaque jour la résine

Par l'aube et le couchant
Par ta main dans la mienne
Et par moi qui suis tienne
Par toi, moi, et le temps

Mon rêve te résine
Chaque nuit palpitante
Mon songe en moi te plante
Chaque jour te dessine

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09 novembre 2007

L'ombre d'un...

Tu sais au fond tout au fond de moi tu sais tu le savais ce que je voulais enfin ce que je crevais même mourrais de vouloir t'avouer ou te dire ou te chuchoter presque ce mot non ces mots cette phrase cet aveu non cette histoire ce conte parce que je peux pas plus ton regard non sur moi je peux pas soutenir avec ce tiraillement les frissons des entrailles je te dis c'est pas possible mais je te dis non je je te hurle je te gueule dans mon silence ce que tu sais mais que je ne sais pas que tu sais alors je te l'insinue mais tu le sens je le sens que tu le sens que je vais exploser d' parce que l'overdose guette l'overdose partout dans les veines l'overdose mélange de sang et d' ça parcourt partout ça empiète sur la maîtrise je résiste te faire l'amour ou te lapider toi devant moi debout chancellant l'overdose un baiser je m'enchaîne au coin là où il sied encore près des lèvres de poser les siennes c'est dur je voudrais quoi qu'est-ce que c'est je ne sais pas j'ai rien moi rien vu et vous non vous non n'avez rien pas même mon teint rosi je te dis que mais ton pas incertain la lune elle elle sait que ce soir celui là seul je m'étais seule toute seule dans ma solitude face à l'overdose interdit et qu'en tournant tu as oublié les lettres dans la nuit seules les lettres perdues dans le noir écartellées en tournant que je t'avouerai ou te dirai ou te chuchoterai presque ce mot non ces mots cette phrase cet aveu non cette histoire ce conte...

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07 novembre 2007

Fée Moral

Plus envie de rien, plus la force de rien.
Vide, une fois de plus.
Et pourtant, ma petite vie est confortable. Mes amis sont là, toujours.
Je me fais peur, dans ces périodes où je n'arrive pas à sortir de cet état de morosité permanente (j'en parlais , et ).
Louis Aragon, ce grand poète, dit qu'il est plus facile de mourir que d'aimer. Aurait-il raison ?

*petit soupir*
*grand soupir*
*énorme soupir*
*gigantesque soupir*
*dégonfle une baudruche*

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02 novembre 2007

Carpe Diem

Je gagne en insensibilité du côté familial.
Pour compenser, je me défonce.
Pas à la drogue, bien sur.
Trop exigente pour ça.
Je pars faire du théâtre.
Je pars faire de la musique.
Et chaque fois, c'est sensationnel.
Jour après jour, des choses plus géniales.
Ma vie artistique est au printemps.
Je cours partout, prends tout.
Je joue, pleure, fonds.
Mes déceptions quotidiennes
Sont à l'image de l'Atlantique
Les gens m'apparaissent vulgaires.
Les amitiés me semblent trop fragiles.
J'ai peur de l'avenir, mais en attendant,
Je fonce.

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