des bouts de Marionette

J'écris sur vous, sur eux, sur moi, prends du plaisir, des photos, des notes, des couleurs, des lumières, des ombres... et des mots.

07 mai 2007

Ben...

Vive la France.

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03 mai 2007

Saison funèbre

Mes parents en chient.
Séparés, malheureux, paumés, voilà qu'ils ont des enterrements toutes les semaines.

Une amie de maman a perdu son frère, qui était devenu alcoolique au dernier degré, et qui faisait un bordel pas possible dans son appart à longueur de journée. Quand les voisins n'ont plus rien entendu pendant deux jours, ils ont appelé la soeur. Il avait fait une hémorragie très violente, et était mort après avoir laissé sur les murs des mains pleines de sang, sur le sol une crasse incroyable, des courriers datant de deux ans pas ouverts. Elle a du tout nettoyer de ses propres mains.

Le père d'un très bon ami de mon père ~ grand-père de gens que je connais depuis belle lurette ~ est décédé il y a quelques jours, de vieillesse.

Ces mêmes gens que je connais depuis belle lurette sont en train de perdre leur autre grand-père qui est très malade.

Mon père a perdu hier un de ses meilleurs amis qui avait un cancer. N'en pouvant plus de l'hôpital et voulant rentrer chez lui, il a arraché ses perfs et s'est cassé la gueule peu après aux abords de l'hosto. Le SAMU l'a récupéré de justesse, et l'a plongé en coma artificiel. Il est mort quelques heures plus tard.

Moi qui appellait mon père pour qu'il n'oublie pas l'anniversaire de sa grand-mère, notre Mitou nationale, il avait une bien petite voix...

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10 mars 2007

Et le Vieux Con nous dit d'avancer

Mes parents Papa et maman se séparent.

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23 février 2007

Le préparationnaire, suite (et fin ?)

Ce garçon est malade. Très malade. Il l'était déjà quand on a passé ces quelques jours à vadrouiller dans le Sud Ouest avec ma cousine Odile et une amie, mais il ne le savait pas encore.
Il pensait à une mauvaise sinusite.
Il a un cancer.
Odile, qui l'avait connu sinon heureux, au moins sympa et farceur, souffrait de ce silence qui ne lui ressemblait pas et dans lequel il était enfermé. Elle ne retrouvait pas son super pote Pim's qu'elle avait quitté après le bac. Un soir, elle lui avait demandé des détails quant à ses problèmes de sinusite. Il avait expliqué le pourquoi du comment. Et, à la fin de son récit, elle avait balancé "Aaaaaaah ENFIN ! Finalement tu parles ! Tu devrais être malade plus souvent ! T'as pas une autre maladie qui traîne par hasard ?"
Je ne sais plus comment il avait réagi, sur le moment. Mais je me souviens qu'au cours de cette même soirée, il s'était opposé à nous trois dans une discussion sur les risques de maladies graves liées à une mauvaise hygiène de vie. On lui avait reproché de nous avoir sermonné sur le tabagisme, etc.

Mais quand elle l'a vu, il y a quelques semaines, il a enlevé son bonnet de son crâne dégarni et l'a montré du doigt en disant "ça y est ? Tu es contente ? Si tu veux on en parle, du fait que j'ai 21 ans et que je vais mourir, y'a pas de problème. Tu vois ça ? Plus un cheveu. Imagine à l'intérieur ! Ca te fait mal hein ? Pas autant qu'à moi. Tu te foutais bien de ma gueule, de moi et de mes discours moralistes. Alors ? Tu penses que tu vas continuer de fumer, après m'avoir vu comme ça ? Qu'est-ce que t'en penses ? (...)"
Il lui a tout rebalancé en pleine gueule. C'était légitime.

Et Odile voyait un de ses meilleurs amis lancé à vitesse vertigineuse sur la pente qui mène aux ténèbres. Cet ami qui lui recrachait toutes les méchancetés qu'elle lui avait balancé par douleur, et qu'il avait encaissé sans rien dire...

Ce garçon, qui, en terminale, faisait fi des barrières du lycée et passait plus de temps dehors que dedans, ce garçon qui avait toujours en poche le passe-partout du bahut, obtenu on ne sait comment ~ une prouesse légendaire, inutile de le préciser... ~, était devenu vieux en deux ans. Peut-être avait-il une connaissance inconsciente du mal qui commençait déjà à le ronger ?

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16 février 2007

Bouge pas, on arrive.

C'est ça les vrais copains.
On s'en voulait de pas avoir téléphoné depuis un peu trop longtemps, et là, alors qu'on se le reprochait, l'appareil sonne.
Le coup de fil qu'on prend en s'extasiant. Tu parles, ça faisait un bail !
Mais la voix se tait et le visage se décompose à une vitesse vertigineuse.
Au bout du téléphone il y a une voix frêle qu'on a peine à reconnaître. On demande, pour savoir si c'est bien l'ami(e) d'avant qui parle au bout du fil, pour vérifier qu'on ne rêverait pas, des fois que..., pour vérifier aussi que la voix qui va répéter le prénom est bien la même que celle qui vient de détonner dans le combiné comme un coup de feu, alors que le timbre était brisé, on demande de répéter le nom. Plus qu'une question, c'est une inquiétude, ou une fatalité. Mais on répète quand même. Et ça répond "oui..." tout doucement, comme pour caresser une plaie suintante.
On raccroche après des "biens sur, oui" "mais évidemment, ne t'en fais pas" "oui, je m'en occupe"... et là, avant d'avoir tout à fait réalisé, il faut faire sonner chez les gens, tous.
Qui n'est pas au courant ?
Tout le monde y passe, certains ont la nouvelle deux fois. Comme m'a dit la mère d'une amie "ça circule très vite dans votre groupe d'amis, je vais appeler ma fille tout de suite je préfère que ce soit moi qui lui apprenne".
C'est en entendant la voix de Jef ~ prof de français adoré et metteur en scène ~ se faire de plus en plus fébrile que j'ai compris.

Et un peu plus tard, les textos, les petits mots, les lettres, les cartes de visites, tout cela arrive, griffonné au stylo noir, même le style est plombé. Mais les vrais copains, ça écrit à l'encre, pas très droit, sur une feuille blanche. C'est maladroit mais tellement vrai...

Et c'est à Perpette-les-Oies, ça bosse dur, ça n'est pas forcément le moment pour tous, mais ça arrive, par paquets, à la gare. Et t'inquiète pas qu'ils seront là, quand le prêtre marmonnera ses prières. T'inquiète pas qu'ils seront là pour prendre ta silhouette fatiguée par les insomnies dans leurs bras, pour te dire, encore, que c'est là, hein, et que quoi que tu fasses, ça t'accompagne, ça te suit, et ça te portera.
Ça croit pas en Dieu, du moins pas beaucoup, mais t'inquiète pas qu'ils prennent pas le risque de le fâcher si Dieu il y a. Ça chante, et même à plein gosier, qu'il fasse un bon voyage ; ça récite des mots vidés de leur sens originel mais tout entier emplis d'amour et de tendresse.
Allez, les vrais copains seront là, j'en serai, et on va le porter jusqu'à son lit éternel, ton papa. Tous les bras, toutes les voix, tous les esprits et toutes les larmes seront du voyage. Il y sera bien, hein... il y sera bien...

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12 février 2007

le lundi au soleil...

... c'est décidément quelque chose qu'on aura jamais.
Je n'arrive pas à lire les blogs, ni à lire les BD du Chat qui sont posées sur la table du salon, ni même à écrire des mots laissant un semblant de sillon de sens derrière eux.
Je n'arrive pas à dormir, je n'arrive pas à trouver les mots pour dire à C. que je suis là, je suis un peu paummée, et j'ai bien peur que revenir à Paris ne change rien, ni à ma "présence" en cours, ni à mon aide auprès de C., ni à mon sommeil... j'ai peur que mon père claque aussi, de la même façon lâche et abrupte.

Svp, filez moi une boussole.

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10 février 2007

I miss you

A 22h15 j'étais à côté d'un homme qui somnolait dans le métro. Je ne m'étais pas tellement demandée pourquoi il ne s'était pas décalé à mon arrivée pour me laisser plus de place. Les mains posées sur un sac peint par un enfant, je le trouvais touchant. Sa tête ballottantes appelait une épaule...

A un arrêt, il s'est levé avec beaucoup de peine, à tel point que j'ai cru qu'il était handicapé ou très mal en point.
Puis il s'est effondré sur le sol.
Il avait trop bu.

Il est arrivé à sortir, aidé par un autre homme. J'étais sciée, je ne sais pas pourquoi... comme en état de choc... et je me suis souvenue de l'état dans lequel je m'étais rendue à mon cours d'impro il y a maintenant un peu plus d'un an.
Je venais de visiter Anne-Sophie, alors en aplasie à Necker.

Je ne sais pas pourquoi, certainement par bonne conscience, j'avais voulu aller quand même à la fin du cours, traversant tout Paris pour cela. Sans doute parce que j'avais un besoin impérieux de parler. Je ne sais même pas comment j'ai fait pour arriver jusqu'à Crimée.
Mais une fois devant la prof que je connaissais mal, je n'ai pu que balbutier deux ou trois mots incompréhensibles avant de fondre en larmes. Elle avait l'air étonnée, et a constaté avec gravité que j'avais l'air "en état de choc", et que je devrais m'asseoir en attendant la fin de la pause... j'ai croisé quelqu'un que je connaissais un peu mieux que les autres, "Adrien sans H", à qui j'ai essayé de dire, de cracher, de pleurer ce qui me faisait si mal. Mais il n'entendait pas, il ne comprenait pas. Et ça me faisait encore plus mal, j'avais besoin de pleurer encore et encore, pendant des heures et des heures, mais il n'a pas compris. Et je n'avais personne pour aller pleurer dans ses bras. Il me semble que ce sont des larmes qui attendent encore de pouvoir sortir.

~ Quand, en début d'année, on a fait un exercice de "grommelot" (monter sur scène un par un et dire quelque chose à la classe dans un langage imaginaire), j'ai essayé de dire cela, les gens ont ri. ~

Alors, dans ces moments-là, au milieu du trou noir qui envahit notre tête, une musique traverse l'esprit. Alors on s'y accroche le plus fort possible. Alors on la chantonne, ou on la gueule. Alors on essaye de se souvenir de toutes les paroles. Parce que les paroles tracent un chemin aux larmes.


J'aime encore plus la pluie, maintenant. J'en ai même besoin.

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03 février 2007

Reviens...

Elle n'est pas venue à mon concert.
Pourtant, elle m'avait dit qu'elle viendrait.
Pourtant, elle tient toujours sa parole.
Pourtant, elle m'avait dit qu'il lui tardait.
Pourtant, elle savait que je l'y chercherais.
Pourtant, elle savait que je comptais sur elle.

Le lendemain, dans ma déception de ne pas l'y avoir vue, je lui ai envoyé "t'as râté un bon restau hier, on y est allés après mon concert avec papa et ma logeuse, il t'aurait invitée... à bientôt bise". Comparé aux textos barrés qu'on s'envoie d'habitude, celui-ci est vraiment glacial.
Elle n'a pas répondu.

Hier soir, j'ai laissé sur sa messagerie vocale "Salut Odile, je voulais entendre ta voix, savoir si t'étais toujours vivante... voilà bise"

Ce matin en allumant mon portable j'ai vu qu'elle avait essayé de m'appeller quelques minutes plus tôt, mais sans laisser de message.

En déjeunant, j'ai cédé à la tentation, et ai laissé sa sonnerie raisonner dans le vide. "Odile. Répondeur." J'ai raccroché.
Puis un texto "que fais-tu cet aprem ?", encore non-lu certainement.

Et le pire, c'est que je sais très bien que bientôt, dès qu'on se sera parlées, je regretterai amèrement d'avoir douté d'elle, et, pire, d'avoir pensé qu'elle aurait pu me décevoir. Enfin j'espère...


A peine j'écris cette phrase que mon téléphone sonne.
Un de ses amis s'est suicidé mardi matin. D'où son absence, d'où son silence, d'où ma bêtise.

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La haine en famille

"Je n'aime plus mon père. C'est sans doute terrible à dire, mais son sort m'indiffère."
Voilà ce qu'elle a dit devant mes deux petites soeurs de 13 et 14 ans, devant ma soeur aînée et devant moi.
Elle a osé.

Que tu aies 13, 14, 18 ou 20 ans, c'est pareil : écoute comment on n'aime plus un père. Ecoute ce que tu pourras vivre plus tard si tu t'accroches trop à cette famille nauséabonde qui est la tienne. Un panier de crabes, je te dis ! Oh n'y mets pas les mains, ne cherche pas à aider qui que ce soit, tu vas voir comment tu en sortiras ! Moi je te le dis : méfie-toi, choisis de bons amis. Parce que le jour où ça pètera, tu auras des gens autour de toi pour soigner tout le mal que ta famille t'aura fait.
Allez, une grande tape dans le dos et vas-y Francky ! C'est parti pour la vie !

J'étais tellement choquée et blessée de ce qu'elle venait de me dire à moi, à mes soeurs, à trois jeunes filles qui osent croire encore en l'amour fraternel, que même mes larmes ne sortaient pas.

Perdican dit à Camille, dans la dernière scène d'On ne badine pas avec l'amour (Musset), à propos des religieuses qui parlent de leurs blessures à cette dernière, la dissuadant ainsi (indirectement bien sur mais le résultat est le même) de vivre ses propres expériences "Savent-elles que c'est un crime qu'elles font d'aller murmurer des paroles de femme à une vierge ?"

Mais que dire ? Et que faire ?

Une famille qui se détache petit à petit, une tante qui s'accroche à son fils pour ne pas se tuer, une autre qui n'a pas vécu sa vie alors qu'elle avait tout en main, un oncle qui mène son bout de chemin de son côté, un père qui est malheureux et un grand-père qui se laisse mourir, tout doucement, chaque jour un peu plus, parce qu'après avoir perdu une fille puis sa femme, il se déchire avec une autre...


Après, comment aller réparer ça ?
Me pointer devant mes petites soeurs en leur disant que c'est pas vrai, que ces gens-là ne souffrent pas, que leurs blessures ne sont pas irrémédiables, qu'on peut vivre sans être malheureux, même si certains n'y arrivent pas ?
Laquelle voudra bien croire tout ça, après avoir vu ces plaies béantes défiler en cortège sous ses yeux innocents ébahis ?

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27 janvier 2007

Heureuse au jeu...

C'est toujours les mêmes qui perdent. Normal, d'un certain côté, même moi je le dis souvent : il n'y a ceux/celles qui ne font rien qui ne cassent rien.

Mais parfois, je me demande s'il ne vaudrait pas mieux ne rien faire et limiter la casse.
Ou alors choisir avec plus de précaution ce que l'on fait et avec qui.
Parce que là, j'avoue commencer à traîner la patte.

Combien de fois ai-je aimé la mauvaise personne ?
Celui qui souffre
Celui qui part
Celui qui tourne la tête
Celui qui ment
Celui qui joue...

Mais ce n'est pas pour autant que je m'économise, non. Avec la même obstination à chaque fois, je m'accroche, et, invariablement, la phase qui suit est la déception, avant la douleur, et enfin la rage de m'être faite prendre. De m'être laissée attrapper par ce sexe qui n'a de cesse de me décevoir, et que pourtant j'aime toujours davantage.


Pourquoi, est-ce qu'à chaque fois, il faut que je me sente nue devant un homme qui tourne la tête ?


Je me demande s'il ne vaudrait pas mieux que j'efface celui qui habite mes pensées et mes rêves depuis que le froid a saisi Paris.

Posté par gastonette à 00:01 - Bafouilles tristounettes - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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