17 novembre 2007
Ah bon? La femme est changeante ?
Rigoletto. (et pas la Traviata!!!). La Donna E Mobile. Avec Pavarotti.
Je rangeais ma chambre en écoutant d'une oreille distraite la musique du compositeur qui m'avait fait tant vibrer dimanche dernier à Garnier, quand je me suis arrêtée net. Electrochoc de beauté.
Quand vous arriverez à la seconde 382, faites-moi le plaisir d'ouvrir grand vos écoutilles. Voilà du grand Art Sacré. Mon Dieu quelle attaque sublime... et la suite est tout aussi fantastique !
16 novembre 2007
Trust in music
Les musiciens dans l'âme ont ça en commun qu'ils vivent avec la musique une histoire d'amour passionnelle, qu'ils en fassent leur métier ou non.
Il est évident que dans chaque relation amoureuse, la confiance est quelque chose qui s'acquiert petit à petit, au fur et à mesure des évènements qui fleurissent sur nos chemins. Parfois, il faut même un bon vieux coup de latte pour qu'on se rende compte à quel point ce qui nous unit est puissant.
Quand j'étais petite, mes premiers CDs (après les Frères Jacques et Fantasia) étaient uniquement des classiques. Je jouais du violon depuis peu, et l'on ne m'offrait que ça, par conséquent. Du moins c'était la logique des adultes qui m'entouraient. Au début ça m'énervait beaucoup, puisque ce n'était pas ce qu'écoutaient mes copines, et je n'avais donc aucune culture musicale en matière de to be frite ou aquoua ou les autres merdouilles du genre, comme tout le monde. Par contre je reconnaissais un Schubert d'un Beethoven sur quelques mesures.
Un jour, j'étais pas vieille, je rentre du collège # j'étais en 6ème ou en 5ème # de bonne humeur. Je file dans le jardin pour me défouler tout mon saoûl avant de me coller aux devoirs. Maman vient nous annoncer le décès de ma grand-mère tant aimée.
Je pleurais en silence sur mon oreiller, en regardant les larmes humidifier le tissu, la lumière allumée. J'ai approché de mon lit la petite chaîne hi-fi rouge offerte par ma grand-mère en même temps que mes tous premiers CDs. J'ai aussi cherché dans mon tiroir la cassette qu'elle m'avait donné peu de temps avant. "concertos de Bach"
Je l'ai mise là où elle avait été arrêtée la dernière fois. Au début du concerto pour violon et orchestre à cordes en la mineur.
J'écoutais cette musique comme pour la première fois. Et je me disais, si la musique est si belle, si pleine d'amours et de peines, alors elle peut bien porter les miennes. Et, tout en écoutant chaque geste de ce tissu de velours, je couchais dessus toute ma peine. Et je me disais, voilà, tu seras la musique gardienne de ma douleur, tu seras mon deuil de Nanette, si bien que quand je voudrai me souvenir de ce que j'aurai oublié avec le temps, je reviendrai vers toi, et tu me livreras cette mémoire. C'est en me racontant tout cela que je m'endormais enfin, lumière allumée, à moitié recouverte de mes draps et les joues encore collantes de pleurs.
Quand j'ai voulu ré-écouter Nanette, j'ai cherché la cassette, mais ne l'ai point retrouvée.
L'avais-je cachée pour être certaine de ne jamais la perdre? Une de mes soeurs l'avait-elle prise pour la même raison que moi? Mon père avait-il voulu l'écouter?
Je ne l'ai plus jamais revue. Hasard? Peut-être qu'à moitié.
Depuis qu'un concerto de Bach m'a laissé partir dans ce sommeil sans cauchemar, cette nuit précise, la musique n'est plus un objet mais une partenaire, un compagnon de route. Et elle m'aide autant que j'essaye de la servir.
30 octobre 2007
Black horse and the cherry tree
Une chanson de KT Tunstall, aussi connue grâce à Suddendly I see ou encore I want you back. C'est vraiment super.
Seule sur scène, on dirait à la simple écoute qu'elle a tout un groupe derrière.
Pour une nénette seule qui a une guitare et un tambourin, on peut dire qu'elle envoie du bois !
Have fun...
20 octobre 2007
Le paradis et la Peri (2/2)
Paris, le 14 octobre 2007
Je rentre tout juste d'Alsace, il est 00h45 et j'ai, comme trois autres personnes, cinq heures de route dans les pattes. En comptant l'aller, ça fait 12 heures. Vendredi, nous avons mis deux heures pour sortir de Paris, et sommes arrivés une heure en retard à la répétition. C'était assez difficile d'être alerte après 7 heures de bagnole, serrés à 5 dans une voiture entre les instruments, les tenues de concert et les macarons pour le voyage !
Il faisait beau là-bas. Samedi matin pour aller à la répétition, je portais un débardeur avec un gilet assorti, assez léger. Mon violon sur l'épaule gauche, mon sac par dessus, avec dedans un paquet de mikados pour mon quatre heures, je descendais la Grand' Rue. Le froid me saisissait, je sentais mon nez se rafraîchir, mes mains s'engourdir, sans pour autant y prendre garde. L'odeur de cette toute petite ville, de ses fleurs accorchées aux balcons ou dans la rue, du levain s'échappant des boulangeries, du café fuyant des troqués, l'odeur du matin, de la fraîcheur nocturne pas encore balayée par le soleil, parcourant pourtant le ciel depuis deux ou trois heures déjà... Je me réveille doucement, cette fraîcheur frémissante me sort de la léthargie matinale de laquelle, finalement, je suis contente de sortir. Et Dieu sait si c'est rare!
Me voilà donc légèrement en avance à la répèt. Préparation du violon, colophane sur l'archet, et hop hop hop un petit coup d'oeil sur les quelques petits traits qui passent moyen. Ca va nettement mieux qu'il y a trois semaines.
Après deux heures de boulot, j'étais sortie de ma chambre comme une furie en criant "aaAAAAARRRGH Schumann si j'te croise j'te refais mourir !". Ma logeuse m'avait donc gentiment invitée à partager son quatre heures avec un "ça a l'air ingrat, quand même, ce que tu joues". "Ouais. Ingrat, ouais. C'est le mot."
Mais voilà, le travail que j'avais pensé improductif et vain s'avérait intégré et, oserais-je lâcher le mot, maîtrisé.
La répèt commence donc, concentration maximum de tout le monde. Le chef, dès la troisième mesure "Mais qu'est-ce que vous faîtes ? Pourquoi vous me mettez un accent là ?! Y'a besoin de rien d'autre que ce qui est écrit ! Comprenez ceci : Ca doit être lisse, terrible, on est en enfer, il fait chaud, il fait lourd, on ne bouge que si c'est nécessaire... vous voyez ?... Artung..." et voilà, c'était très très beau. On est arrivés à quelque chose de quasiment impossible à retrouver, une ambiance phénoménale de présence, de force et de précision. Le choeur en jette grave sa race. Je veux dire que c'était superbe. Je n'avais pas noté que la disposition des chaises de l'orchestre ayant légèrement changé, me retrouvant devant une petite estrade sur laquelle viendrait chanter un(e) soliste. Et bien, ça a fait son petit effet. Son grand effet devrais-je dire. Ah c'était... divin !
Et comme il serait absolument impensable de parler de cet orchestre sans citer l'insulte number ouane du chef, en avant première m'sieurs dames, pour vous un bout de coulisses mouahaha : "BANDE DE SACS !". Imaginons un contexte (totalement inventé, hein!). Une violoncelliste coupe une note en deux : elle fait deux blanches au lieu d'une ronde. Bien sur, tout le monde n'entend que ça. Chef de s'écrier "Je bats à DEUX vous devriez le savoir! Et même si vous l'avez pas écrit vous le sauriez si vous me regardiez! Bande de sacs!" J'en connais une qui rentre sous terre...
Quelques numéros à l'intérieur desquels certains intervalles chantés m'émeuvaient : 14, 17, 24, bien sur 26, mais aussi des passages où les premiers violons, en triolets dans les aigus, faisaient danser le personnage un peu triste qui était né quelques instants plus tôt. De ces moments où l'on se dit "C'est ça." C'est ça et rien d'autre. Puis déjeuner, encore au même restal, très bon. J'y oublie mon violon, et reviens le chercher quelques minutes plus tard. La générale va commencer. Les chanteurs arrivent en blanc. Installation, accordage, et ça commence. Je ne peux rien voir des effets qu'ont les éclairages sur le choeur. Je dois rester très concentrée parce que je suis encore pas très solide et qu'on doit tous être parfaitement ensemble. Le moindre coup d'oeil derrière me ferait perdre ma concentration, mon compte de temps à attendre, et l'énergie. Mais la bobine du chef nous renseigne tous sur la question : ça semble être fabuleux. La générale se passe très bien. On recommence une ou deux fois un passage à cause d'un départ bancal. En rangeant mon violon, je le nettoie avec soin. Soudain je lève la tête et aperçois un violoniste qui attendait que j'aie fini pour accéder à sa boîte. Je m'excuse en disant que je ne l'avais pas vu, il répond "Tu ne verras jamais un luthier interrompre quelqu'un qui prend soin de son instrument".
On se change à côté, tout en noir, ma longue jupe qui tombe, mes chaussures à talons qui m'éclatent les pieds, un chemisier en cache-coeur pardessus un tee-shirt noir, maquillage... Je demande à une altiste, lui montrant mes cheveux :
- "Je peux y aller comme ça ou ça craint?
- Ben t'es pas coiffée quoi...
- Et en chignon, là comme ça, ça se voit pas... non? Toujours pas? (dis ouiiiiiiii)
- Euh... non, vraiment. J'ai pas de brosse, mais fais quelque chose, là c'est pas possible.
Me voilà donc à démêler un tas de noeuds qui n'avait pas été apréhendé par un peigne depuis plusieurs semaines. Ben oui quoi, ça fait mal au crâne de se coiffer! Et puis ça enlève mes boucles. Effectivement, plus une boucle, les cheveux électriques et archi volumineux, super moche quoi. J'ai dû arranger ça à l'arrache et finalement ça allait, ça faisait pas trop Jackson five. Je monte sur mes talons aiguilles-spécials-concert (en gros je m'arrange pour ne porter ces chaussures que quand je n'ai pas à tenir dessus.)
Le concert commence. On entre en scène. Applause. Le chef entre. Re-applause. Là, le chef se tourne vers l'assemblée pour faire un petit discours afin d'avertir les gens de ce qui va leur arriver dans les oreilles et dans les nieux. Le discours était long, parfois entrant un peu trop dans le détail, parfois bousculant les esprits # au point que des personnes de l'orchestre soient venues lui faire la réflexion à la sortie #. Sur ce, re-re-applause, lever de baguette, et nous voilà en enfer. "Il fait chaud, il fait lourd..."
Deux heures superbes. Un arrêt tout de même entre deux actes pour se réaccorder. Quelques petites accroches qui ont valu des débats endiablés à la sortie : "Nan j'te jure c'est les violoncelles qui sont partis en avance nous on était calés sur le chef" ou "Non, je persiste, j'ai compté mes mesures, j'ai regardé le chef, tous les violoncelles étaient bien, c'est le premier pupitre des altos qui a tout fait merder." Ah lala, c'est vraiment des tocards ces altistes! (pataper, Djac...)
C'était extraordinaire. Tous dans le même souffle, la même énergie, le même mouvement, la même dynamique, la même folie... on entendait même le silence de la salle, un silence implacable, solide, palpable. Tout simplement sublime.
En sortant, nous étions "ailleurs". Je me cognais partout (et pas à cause de mes chaussures à talons), n'arrivais pas à atterrir, j'étais dans un état second. J'étais allée remercier mes logeurs qui avaient pu venir, quand, en revenant au pot offert aux musiciens, je croise le clarinettiste si marrant. La tête basse, le pas machinal, il partait. Je l'attrape par le bras : "Bah alors quoi ? Tu pars sans dire au revoir ?" Visiblement abasourdi, il lève ses yeux rouges vers moi et répond "Ah pardon Marion je ne t'avais pas vue, oui je m'en vais, je suis troublé, il faut que je parte. Au revoir..."
Par chance, je n'étais pas seule sur la route du retour, et même si les Vosges ont maltraité notre estomac, le Mac Gerbal nous a remis les idées en place. Le Paradis et la Péri à fond dans la voiture, nous braillions gaiement, tentant sans y parvenir de nous remettre d'aplomb.
Comment raconter ce qui fut le plus beau concert de ma vie ?
(en écoute : no 24/24 du Paradis et la Péri de Robert Schumann)
24 septembre 2007
Le paradis et la Peri (1/2)
J'ai rejoint ce superbe orchestre pour le programme Le Paradis et la Péri de Robert Schumann.
Pour le plaisir des oreilles, voilà le numéro 11 de cette suite. C'est pas le plus simple, loin de là. D'ailleurs si vous faites gaffe, à un moment y'a une sorte de tapis sonore fait de doubles croches bienbien rapides pour faire mieux, ben c'est nous qu'on les joue. Qu'on est censés les jouons, plutôt.
On a répété comme des tarés tout le week end en Alsace.
Au moment de partir, vendredi, j'étais très inquiète. Les partitions, que j'avais reçu un peu plus d'une semaine auparavant, m'apparaissaient comme ce genre de truc trop dur qu'on appelle "mon Everest" ou, là, en l'occurrence, j'ai nommé "mon paradis". Je me posais sérieusement la question de ma présence là-bas. Mais finalement, la peur au ventre et rougissante à l'avance de mon incompétence, je suis montée dans le train.
Pour être brève, comme les répétitions sont au nombre de 1 week-end et demi (deux jours + une répet + la générale, après c'est les concerts), qu'il y a un orchestre de 60 musiciens et un choeur à peu près aussi nombreux dont 4 solistes, autant vous dire que le chef # qui n'a, même en temps normal, pas franchement l'habitude de glander ni faire semblant # nous a fait mettre les bouchées doubles.
J'étais logée chez des gens a-do-rables dans le centre du petit village où on jouera dans 3 semaines. Ils sont venus me chercher à la gare vendredi soir, m'ont filé une chambre super confortable qui donne sur un petit jardin qui sent bon le matin, c'était super. Le samedi matin, avant que je parte, ils m'ont donné un paquet de mikados au chocolat pour mon 4 heures j'ai trouvé ça adorable! D'autant que j'étais contente d'en avoir, vu la journée que je me suis payée.
La répétition commençait à 9h30, dans la nef d'un très vieux cloître magnifique.
Tous les musiciens étaient à leur place et prêts pour commencer à l'heure, le chef est arrivé à ce moment, on s'est accordés, et on a commencé le déchiffrage. Bon, pour moi un déchiffrage équivaut à une tentative, le plus souvent désastreuse, d'alignement de 5 mesures d'un coup sans s'arrêter et si possible au même tempo. Là, c'était plutôt "t'occupes pas des signaux mets du charbon" ; en gros, on s'est arrêtés quand une entrée a été foirée par un musicien, au bout d'une demie-heure... A 10h30, une pause de 10 minutes. Je prends ce temps pour dire bonjour à quelques têtes que je reconnaissais, au chef, à mon ancien prof de violon, ici concertmeister (le prem's de tous les violons). Je papote quelques instants avec le musicien qui est juste derrière moi et qui n'arrête pas de balancer des blagues à tout bout de champ. Bon, j'ai beau être aussi concentrée que possible et à l'écoute du chef qui est vraiment supra intéressant, quand il lâche une bonne blague bien vaseuse, je peux pas faire semblant de ne pas avoir entendu... et quand je me retourne vers le chef, qui me regarde d'un air de de dire "bon ça y est?", là je rougis. Tout l'orchestre est d'accord pour dire que je suis à une place très délicate : devant ce mec à l'humour désopilant, forcément à une place de laquelle on ne voit le chef que très mal, et à côté d'une dame qui n'arrêêêêête pas de parler et qui voit pas très bien # je lui laisse donc, par courtoisie, le pupitre devant elle, aux frais de ma colonne vertébrale mais j'ai compris qu'il fallait pas que j'essaye d'écouter tout ce qu'elle disait, sinon je démarre jamais # Bref, toutes ces constatations faites, revenons-en à notre récit. On reprend donc la répet pile à l'heure, et comme elle n'était censée durer que jusqu'à midi 30, l'accord final est tombé à midi 29 et demi. Voilà. Normal quoi. Typique. Le chef a déclaré "Il est midi 30. Merci, bon appétit et à tout à l'heure !"
L'après-midi a été consacrée au travail sur certains passages. Puis une pause nous a été donnée # quelle générosité... c'est touchant #, et enfin, nous avons répété par pupitres jusqu'à 21h. Là j'ai cru m'évanouir. Je n'avais jamais eu de répétition aussi crevante, à être toujours sur le qui-vive à guetter le moment où les bras du chef s'immobiliseraient pour donner un départ un quart de seconde plus tard à un tempo endiablé. Les chaises, très inconfortables bien qu'originales, avaient donné mal au dos à tout le monde, les épaules étaient fourbues aussi, d'avoir eu les bras en l'air si longtemps # Djac, stp ne me dit pas qu'il y a une position idéale qui fait que t'as jamais mal nulle part, parce que je me verrais dans l'obligation de t'en demander tous les détails... # et comme si ça ne suffisait pas, mes ptits soucis de fille me retournaient le bide depuis le milieu de la journée. En fait, samedi soir, j'étais au bord de la crise de nerf/évanouissement/crise de larmes/auto-destruction stomacale. Nous sommes allés au restaurant avec tous les autres musiciens comme prévu à 21h30. On s'est nourris de pain et de vin à défaut de voir nos assiettes se remplir, ce qui ne nous a pas empêché pour autant d'engloutir le délicieux plat qui est arrivé une heure après. Sortis de table à 23h30, c'est la première fois que je vois 0 musicien (pas même un seul cuivre!) prêt à aller boire une bière, surtout en Alsace ! On est tous allés se coucher, crevés.
Dimanche matin, la répet a commencé à 10 heures pétantes avec le choeur. C'est là qu'on s'est rendu compte de la trahison : c'est eux, ces espèces de crieurs d'étoiles, qui nous avaient piqué nos chaises-spéciales-pas-mal-au-dos, eux, les gens qui s'en servent qu'à moitié parce qu'ils chantent debout!!! Bref. On les leur a laissé, tout en étant absolument certains de faire l'échange en catimini avant la répet pré-générale qui aura lieu dans 3 semaines, ni vus ni connus. Quoi c'est pas honnête! C'est eux qui sont pas cool!
Dimanche matin donc, le chef demande le numéro 26, le dernier mouvement de l'oeuvre. Parés, il démarre comme un dingue. Trois temps plus tard, quelques personnes n'ayant pas pris le départ, le chef arrête les fabuleux musiciens qui avaient réussi ce prodige, et redonne le départ. C'était fabuleux. Les solistes démarraient un peu quand bon leur semblait mais à part ça, c'était que du bonheur. Il faut quand même une concentration en béton pour s'y retrouver dans la partition quand on a un choeur derrière soi, des changements de mesure à foison, accélérations, coups d'archets foireux et des dièses et des bémols comme en pleines soldes. En plus, déjà que sans le choeur j'entendais pas très bien ce que je jouais, mais là, on peut dire que c'est complètement mort. La répétition se termine de la même façon que la veille, pile poil à l'heure, et on file au restaurant.
Le restaurant avait prévu 60 personnes, on était 115.
On a pas eu un repas très consistant mais c'était très bon, et, franchement, bravo au cuisinier qui nous a quand même servi assez rapidement ! On a même pu reprendre la répet une heure trente plus tard. A 16h30, c'était terminé, à 45, les instruments étaient pliés et on partait pour la gare, l'aéroport ou en voiture, en fonction des destinations et moyens de transport de chacun. Et à dans trois semaines !
Si quelqu'un habite en Alsace vers Colmar ou Mulhouse, et que la musique classique lui est supportable, je l'invite à se faire connaître, je crois que ce sera magnifique, et qu'il faut qu'un maximum de personnes puissent en profiter.
03 septembre 2007
(Oh...) lucky me !
Voilà une autre chouette chanson ~ toi qui marmonnes que je me fais pas chier, je te merde ~ de Sarah Slean : Lucky me tiré de l'album "Day One". Les paroles sont vraiment chouettes, alors si certains ne parlent pas du tout la langue de Shakespeare et me payent très cher (surtout ça), je voudrai bien la traduire. Je l'avais entendue l'été dernier aux Extravagances de Biarritz ~ elle était encore brune ~ un festival qui avait mis en tête d'affiche Louise Attaque. C'était très chouette mais j'avais préféré la petite inconnue seule à son piano. Elle vient du Canada, est très peu connue, très sympa en plus, et moi, j'adoooore. Alors voilà, si certains connaissent, tant mieux, sinon, bonne découverte!
Silence wears a new suit
To his coffee, toast and eggs
But he has to skip the stairs now
cause of two broken legs
Whine whine I cannot climb
Everytime's the same
I'd be more inclined to help him
If he could remember my name
And you're sad and you're sorry
Let it all out what are you running for?
This is your chance be ready?
I'm taking my seat o Lucky Me
Fate can't fill the dance hall
'Cause her powers have declined
But at the beauty pageant
She will always take the prize
Light light Easter white
Roll her in the dirt
When it comes time for kneeling
She'll say 'You go first'
And you're sad and you're sorry
Let it all out what are you running for?
This is your chance be ready?
I'm taking my seat o Lucky Me
A wise man once tried to tell me
How to sugar-coat the grave
But the game is for the adults
And I don't know how to play
O o where will I go?
Toss me out to sea
When the jar's all out of candy
Don't come blaming me
And you're sad and you're sorry
Let it all out what are you running for?
This is your chance be you ready?
I'm taking my seat o o!
O you're sad and you're sorry
Well let it all out what are you running for?
Tell the whole world we're waiting
I'm taking my seat o Lucky Me
La la la la...
11 juin 2007
La Mylène comme je ne l'avais jamais vue
Voilà. Je suis tombée là-dessus en cherchant des paroles de la chanson Devant soi. Je suis dans l'obligation de vous faire partager cette merveille. Regardez, et on en parle ensuite. Alleeeeez...
Au moins les quatre premières minutes. Ce qui suit c'est pour les amateurs de belles images. Oui oui parce que Boutonnat est très fort. Si je vous jure.
Ceux qui n'ont pas obéi à tata Marion retournent en arrière et appuyent sur la ptite flèche qui dit "play!"
Franchement, je n'avais que la bande son de ce concert (datant de 86 il me semble), et déjà c'était un peu flippant, mais là... mais là... la Mylène Farmer...
Si je devais dire ce qui m'épate là-dedans, ce serait d'abord sa présence, son charisme. On le verra plus tard dans ses grands shows, elle a beau être toute petite (en taille) elle ne s'est jamais faite écraser par un décor. Et pourtant y'avait de quoi. Et là, dans la simplicité, elle éclate avec une force pas croyable.
Aussi, on la voit sur cette chanson, la dernière du concert, en nage, les joues trempées de larmes, le cheveu fou, le nez coulant, le visage grimaçant... et bon Dieu qu'elle est belle! Parce qu'elle est simple, authentique, et qu'elle nous déclare une flamme puissamment balèze avec ses yeux sombres qui caressent la foule.
Et quand on est dans un état pareil, c'est qu'on donne tout.
Et face à ça, en tant que spectatrice et commédienne, je m'incline bien bas.
Vraiment.
11 mai 2007
Le solfège est tout un art... (7)
...De l'entourloupe.
En fait, je suis pas si nulle que ça. En entourloupe oui aussi, mais en solfège, je parle.
Maintenant que j'ai repris les cours de mon plein gré ~ ça a l'air de rien, cette précision, hein? Et ben en fait c'est primordial puisque la survie à ces mêmes cours dépend de l'enthousiasme avec lequel on y va... au début de l'année ~, ou presque, ça change complètement la donne. Même si mon cours est inintéressant au possible, que l'on fait 20 minutes de solfège sur deux heures ~ avec un emploi du temps chargé comme le mien, ça fait un peu chier ~, je comprends quand même vachement mieux et plus vite qu'avant, en espérant changer de prof l'an prochain.
Tout ce qui est théorie, c'est plutôt bon ; le seul problème c'est que quand j'entends les choses, je suis nettement plus rapide à répondre que si tout ça est écrit.
Pour ce qui est du rythme, ça va (si si, Djac, c'est vrai), le chant c'est impec, bref c'est quasiment devenu un pur plaisir (huuuuumm keuf keuf hum).
J'ai perdu recemment un combat qui me tenait à coeur. Tous les élèves sont obligés de tenir à jour un carnet de liaison. Ouais, c'est ça en fait, comme au collège. N'ayant pas fait ma rentrée comme tout le monde, je n'ai jamais entendu parler de ça, personne ne m'a demandé d'en avoir un, et même si je voyais tous les élèves avec, un carnet de liaison ça m'intéresse pas alors je disais rien. Franchement c'est débile, ça sert à quoi? Déjà que j'ai du mal à tenir à jour mon agenda, si on me rajoute un autre cahier auquel il faut que je pense, je vais pas m'en sortir. Et puis ça trouve son utilité quand les mauvais élèves ont à faire signer les punitions à leurs parents, ce qui ne sera pas mon cas quoiqu'il arrive. Je parle de la signature, là, hein, la punition je dis rien. ~ Je suis quand même la seule de la classe à avoir deux croix... ~
Bref au dernier cours, le prof a fait genre il est sévère, et, carnet de notes en main, il a répertorié pour chaque élève : théorie? livre? cahier? crayons? gomme? carnet de liaison? classeur? devoirs faits?
Je n'avais pas fait mes devoirs (des paroles à recopier faut pas charier non plus on est pas des forçats!) et n'avais pas mon carnet. Par une phrase habile de ma part, il a cru que j'avais fait mes devoirs même si j'avais pas mon carnet. Mais il m'a obligé à aller en chercher un.
J'avais l'air fine à l'accueil :
- Bonjour, euh, ben, en fait voilà, c'est que enfin normalement
- Oooooooooui ?
- Vous auriez pas un carnet de liaison en rab par hasard ?
- T'as perdu le tien ? Tu te l'est fait voler ? Il est déchiré?
- Non, en fait je viens chercher celui qui - peut-être - m'attend depuis septembre...
- Pardon?? Oula, je vois... mieux vaut tard que jamais, c'est ça... je vois, ben... c'est quoi ton nom? Ah euh Marion J... Ben nan j'vois rien, là.
- Ah ben si vous en avez pas, moi ça m'dérange p...
- Je vais vous donner ça, tant pis. Il est moins beau m'enfin c'est un carnet hein.
Ce qu'il appelle carnet est un paquet de demi-feuilles A4 pliées avec deux agraphes à côté de la pliure. A chaque double page, il faut remplir "semaine du ... au ..." et compagnie, bref voilà, pour tout dire je suis reviendue 8 ans en arrière. Wééé!
Et quand je suis remontée en classe, j'ai vu qu'un élève arborait des places de concert soigneusement agraffées dans les dernières pages dudit carnet. Le prof avait l'air d'apprécier, puisqu'il mettait des petits "+" à côté du nom de l'élève, sur sa grille de notation. J'ai cru que je rêvais. Mais non, l'élève achetait littéralement le prof avec des "mais je suis allé à votre concert, on s'est même vus, et, en plus, j'avais emmené du monde, et patati et patata, vous pourriez monter ma moyenne non?" Et le prof de dire "oui oui t'inquiète pas".
J'ai évidemment pas manqué de faire de même en disant que j'en avais vu trop en deux ans pour que ça tienne sur deux pages de carnet, et que d'ailleurs "vous connaissez Lauba? C'est très intéressant j'ai entendu ça salle Pleyel, j'ai beaucoup aimé..." et le prof m'a dit que j'aurai des bon points.
(Et dire que ces gens n'ont que 12 ans... ça laisse penser ce qu'ils vont devenir plus tard...)
J'ai failli dire que j'en voulais pas de ses bons points mais 1- je suis humaine et 2- j'ai pensé à mes deux croix en me disant que la prochaine fois qu'il captait que je ne faisais pas mes devoirs, je me retrouverais avec un devoir noté à faire en plus. Du coup j'ai juste fait un mini sourire pour pas qu'il croie non plus qu'il m'a dans sa poche. ~ ce qui lui serait utile vu que je suis au courant de tout ce qu'il se passe dans la classe et lui n'est que le dernier servi, quand toutefois il est servi ~
Je tiens à dire qu'une fille pleurait parce qu'elle avait raté son "interro" de chant. J'ai du aller lui expliquer à quel point vraiment, le solfège on en avait rien à cirer. Mais elle m'a pas cru. Par contre elle a arrêté de pleurer quand j'ai caricaturé le prof en train de lui proposer de repasser son interro deux semaines plus tard, ce qu'il n'a pas manqué de faire une fois tout le monde revenu dans la classe.
C'est chiant d'être la plus grande. Avant le cours, comme on allait être interrogés là-dessus, ils faisaient la file devant moi pour que je leur dise s'ils faisaient leur polyrythmie sans fautes ou pas. J'avais des chants à apprendre pour dans quelques minutes moi ! (d'ailleurs je me suis plantée. Mais moi, je m'en tape.)
08 mars 2007
Le solfège est tout un art...(6)
Hier c'était un jour très particulier.
Le prof nous fait bosser sur le Dies Irae du War Requiem de Britten. Evidemment, quand il remet l'extrait au début, tout le monde râle. Ma voisine me confirme : tout le monde trouve ça horrible. Moi j'adore.
Yeux ronds, et la rumeur circule "eh ! eh ! Marion elle aime bien!"
Bref, sur ce une nouvelle élève déboule. Elle a un visage très jeune pour un corps si grand. Je me dis qu'elle doit être nouvelle à Paris, patati patataaaaa, arrivée en cours d'année pas facile, tout çaaaa...
A la pause, évidemment seule au beau milieu d'un cercle de groupes d'élèves totalement indifférents et fermés, j'engage la conversation, histoire de voir à peu près si on pataue dans le même schmilblick.
En fait cette grande gigasse a 12 ans, est en 6°, est une reine de la musique, elle a sauté 3 ou 4 classes en solfège ET en instrument, donc voilà. En plus cette impertinente de mes deux (seins) me demande d'un ton... timide, "t'es en combien ?" ~ traduction : en quelle classe est-tu ?, sous entendu quel âge as-tu ? ~. "t'es en 3° ?" Je réponds, quand même un peu surprise par cette supposition bizarre "Oula non ! J'ai eu mon bac il y a deux ans déjà !"
La pauvre rentrait sous terre, je n'arrivais même pas à la faire déculpabiliser !
On rentre en cours, deux filles qui avaient piqué un sprint tout à fait illégal jusqu'au Franprix ~ pas le droit de sortir du conservatoire pendant les heures de cours, question de responsabilité ~ me filent des bonbecs. On n'écoute rien, ma voisine et moi, on papote à voix très basse. Fou rire sur fou rire, le prof a décidé de m'ignorer pour ce qui est des punitions. Ca m'arrange, mais ça craint pour les autres, c'est moi qui fais le zouave et ils sont punis parce qu'ils rient...
Après que j'aie sorti mon agenda de mon sac pour y noter quelque chose, je m'aperçois que le prof me fixe, perplexe. Il me donne une patie à chanter, distribue d'autres voix. Ma voisine était morte de rire je ne comprenais pas pourquoi. Explications "Mais... t'es folle ! T'as pas le droit de sortir ton agenda comme ça ! C'est complètement hors sujet ! C'est comme si tu sortais ton portable !"
Là, j'avoue, j'étais sciée.
Et vous auriez vu la gueule du prof quand il m'a vu ranger mes affaires à 17h20 (comme d'hab quoi, pour être à peu près à l'heure à mon cours de théâtre de 18h)... il me dit, désignant la partie de ténor "Oh Marion... tu veux pas le faire ?"
Héhé, LOL ! allez, SALUT !
03 mars 2007
Barbara
J'ai du mal à penser à autre chose qu'à mes dents, qui me font hurler de douleur. Alors dégustez cela, et dites moi ce que ça vous inspire...





