des bouts de Marionette

J'écris sur vous, sur eux, sur moi, prends du plaisir, des photos, des notes, des couleurs, des lumières, des ombres... et des mots.

30 novembre 2007

Vus à Paris, en flanant dans les rues...

Des pigeons mutants à une patte
Des merles et corbeaux de malheur, parfois beaux, parfois effrayants
Des amoureux, en pagaille
Des lumières d'hiver sur les feuilles vertes, jaunes, oranges, rouges, marrons, sur les arbres nus, sur les monuments
Des sourires de gens heureux, des petites filles en pleurs
Avenue Montaigne, une robe de chez Nina Ricci, les modèles 13 et 17 de la collection automne/hiver 2007-2008. Pure merveille. On ne la voit pas de dos, mais c'est un dos mi-nu avec un tombé splendide. Merci aux vendeuses qui ont très gentiment accepté que deux nanas entrent mal sapées dans leur magasin.
Les lumières du Palais Royal Musée du Louvre, de nuit.
L'expo Christian Lacroix aux Arts Décoratifs, une merveille! Des collections plus belles que les autres.
Le musée Rodin, pour la deuxième fois, mais on ne s'en lasse pas.
Un magicien qui vient nous faire des tours à une heure moins quart du matin, alors qu'on attend que la Tour Eiffel scintille.
La rue des deux boules...
Les belles voitures place de la Concorde, et le jardin des Tuileries.

La vie, quoi.

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23 novembre 2007

Ces femmes...

Je ne sais pas pourquoi j'ai mis ce billet en ligne. Il ne me convient pas tout à fait, il n'est pas exactement comme je voudrais, il m'échappe... mais peut-être que c'est en cela qu'il sera comme je voulais qu'il soit.

    Il y a des femmes qui me troublent.
    Il s'agit d'un trouble tout particulier, qui n'a pas grand chose à voir avec ce que je peux ressentir face à un homme.
    Des femmes qui éveillent en moi quelque chose de vraiment spécial.
    Des femmes qui, quand on les voit, même si c'est très rapide, dans la rue, dans le bus, vous sautent au visage.
    Une foule de sentiments différents, disparates, forts et fuyants, qui captent toute votre attention le temps d'un regard.

    J'ai de l'admiration pour leur façon d'être là. Elles ont beau ne pas parler fort, ne pas être remarquables, il est impossible de ne faire que passer à côté. Parce qu'il est lisible dans leur regard qu'elles n'attendent rien. Elles y sont, simplement, avec tout l'éclat de leur aplomb insolent. L'aplomb insolent de celle qui sait pourquoi elle est là ; de celle qui va quelque part avec détermination.
    Et paradoxalement, ces femmes paraissent toujours lointaines. A moins que ce soit le regard que l'on porte sur elles qui nous emmène loin?...
    Ces femmes qui semblent en accord total avec leurs actions. Qui, si elles trompent, le font de tout leur être, sans demi-mesure aucune et sans peur des autres. Ces femmes qui n'ont peur que d'une seule et unique chose, et en cela elles touchent à la vérité : leur être propre. Peur d'elles-même plus que du regard des autres.
    Ces femmes qui ont une beauté toute particulière, la beauté élégante, chic, la beauté de l'écrin dont on ne sait jamais vraiment ce qu'il renferme. Mais dont on ne doute à aucun moment de la valeur.
    Autant il est facile de rire de beaucoup de choses, mais comment rire de ces personnes-là? Leurs failles sont trop lumineuses, et comme elles ne cherchent pas vainement à les cacher, elles n'ont pas ce brin de ridicule risible que l'on porte tous avec soi. Elles ont la modestie et la force de ne pas se battre contre mais avec leurs faiblesses.

    A ces femmes, je voudrais dire que je les aime, et que je voudrais leur ressembler un peu, au moins un peu, avant de passer de l'autre côté. Qu'elles sont tout ce contre quoi les hommes effrayés - plus communément appellés machos - se battent. Et qu'elles sont tout ce qui est le plus beau sur cette terre.

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22 novembre 2007

Bilan de position

    Y'a des moments, j'm'assume pas.
    Bon, pour ceux qui me connaissent dans la vraie vie de vrai, et même pour ceux qui n'ont fait que me lire encore, il n'est pas difficile de comprendre pourquoi.

    Déjà, j'ai le fendage de poire super facile. Mais vraiment très très facile. Collez-moi devant une daube, je vais me bidonner comme une tarée. Sauf Caméra Café cette merdasse en boîte, Kaamelott et les Grands Duc. # y'a rien à faire ça me fait pas rire, sauf quand ma cousine Odile se penche vers moi à la JP Marielle en me disant dans le creu de l'oreille : "j'ai rêvé de nous... nous étions nus." # Montrez-moi quelqu'un qui se viande tout seul comme un grand, j'en peux plus. Une personne qui se fait maîtriser par la machine qui est censée la servir. En fait, l'homme dépassé par ce qu'il a créé, ou ce qui le dépasse. Genre, mon parrain est rentré dans une pièce, je pleurais de rire en lisant un Gaston Lagaffe (une merveille ces BDs!)  Je passe (donc) souvent pour une folle, parce que ce ne sont pas des choses qui prêtent au rire naturellement.
    Ensuite, je suis grande. Très grande. Enfin c'est pas l'avis de tout le monde, mais c'est le mien, et comme c'est mon blog, ben c'est moi qui décide. DONC je suis très grande. Cent soixante quinze centimètres de hauteur, et je parle même pas de la largeur, ni de l'épaisseur. Au moins quinze centimètres, si c'est pas cinquante. Ou soixante douze. Non ça va je ne suis pas trop épaisse.
    Et puis, on me regarde dans la rue, je m'en rends bien compte, les gens doivent trouver que j'ai un beau corps. Je le trouve pas exceptionnel, et, surtout, je trouve mon visage monstrueux. Si ça grattait pas et qu'on avait moins chaud dessous, je crois que je porterais volontiers une cagoule à l'envers. Comme ça on verrait mes cheveux mais pas ma sale gueule, et les gens me regarderaient que là où je sais que c'est beau. En bref les gens me regardent et j'ai l'impression de prendre encore plus de place, une place qui n'est pas la mienne. Toujours faudrait-il que j'en aie une!
    Tout ça sans parler de ce que je raconte. Parce que c'est souvent de la merde. En fait. Du moins c'est beaucoup moins intelligent, bien placé et bien formulé que je ne l'aurais voulu. Mais quand je voudrais me reprendre, effacer et recommencer, ben, c'est trop tard. Et la haute estime que j'ai de moi veut que je me trouve moins conne que ce que je pense laisser paraître. # ça doit être pour ça que j'aime tant écrire ! # Surtout que dans le genre pluspontanétakamourir, je suis pas mal du tout. Et quand il s'agit de nourrir une discussion, même si j'ai un avis super précis de ce que je veux dire dans ma tête, quand ça sort, ben c'est le bordel. Ca sort dans n'importe quel ordre, j'oublie des choses, je m'embrouille, je rougis, et là, si j'ai pas encore trop sorti de conneries, les gens me regardent en attendant la suite. Et la suite, je la connais, elle est au bout de mes lèvres, mais je vois tous ces gens qui m'écoutent et je me dis que j'ai pas droit à tout ça. J'ai pas droit à tant d'attention : mes idées sont pourries, je les dis mal et je suis trop grande et je ris fort.
    Par contre, le soir de la rentrée de l'école, je présentais un texte que j'aime beaucoup de Blaise Cendrars, et quelqu'un m'a dit que j'avais une belle voix. Ca fait du bien. Au moins, je dis de la merde mais si c'est agréable à entendre c'est ça de pris, non?!

    En bref, j'en suis là :

    A pas pouvoir assumer d'être sous les regards de plein de gens qui attendent à priori plein de choses de moi, et moi qui suis pas en mesure de les leur donner.
    Et j'ai les mains moites et je sais plus où me foutre elle est où cette putain de cagoule même s'il fait chaud dessous même si ça gratte même si j'y vois rien m'en fous au moins je vois pas vos regards.

    D'où vient que j'ai cette angoisse... elle est récente...

    Et si je m'assume pas plus que ça, c'est même pas la peine de songer à monter sur le plateau. Alors faut que je guérisse. mais comment??? That's the question...

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Etudiants vs président

# Les trois quart des facs françaises sont bloquées depuis le 13 novembre. Nous sommes le 22.
# Les étudiants ont des AG dans leurs facs respectives au moins tous les deux ou trois jours depuis cette date.
# Des journalistes viennent. Des radios, des photographes, des caméramans, ils enregistrent, captent.
# Je ne veux pas croire qu'ils viennent à ces AG pour ensuite mettre leurs documents à la poubelle.
Et pourtant où vont-ils, ces documents?
J'en ai pas vu beaucoup. Presque pas, à vrai dire.
Les étudiants et les profs manifestaient auprès des cheminots et de la fonction publique le mardi 20 novembre.
On avait RDV à 14 heures place d'Italie. On est arrivé aux Invalides à 18h30, trempés, rompus, les chaussures bousillées et les pieds congelés. Y'avait du monde, ça j'peux vous l'assurer. Mais bizarrement, après avoir savouré un chocolat, on s'est plantées devant le JT avec des potes. Et pas UN mot sur les étudiants. RIEN. Ils n'ont même pas précisé qu'on était dans le mouvement.

Alors je m'interroge :
# TF1 n'était pas au courant? C'est bizarre quand même, on était pourtant pas franchement fondus dans la masse.
# Les radios n'étaient pas au courant? J'ai pourtant vu des étudiants se faire interviewer.
# Les photographes n'avaient que des photos floues? Ah, ces fichus appareils... que de la daube, hein?
Alors je me demande : peut-être le président a-t-il demandé à ses copains de pas trop en parler... voire pas du tout ? Du genre "allez ils vont bien se calmer un jour, laissez-les gueuler dans leur coin"... Koko a trouvé le meilleur moyen de soulever une colère énorme chez le peuple, j'espère qu'il s'en rend compte.

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21 novembre 2007

Promesse

Par ce vieux sur le banc
Par l'élégie chantée
Par cet âne bâté
Par l'oiseau mourrant

Ton rêve se dessine
Chaque nuit plus vraiment
Et mon songe en répand
Chaque jour la résine

Par le père et la mère
Par la corde et le bois
Par la scie et le bras
Par le voilier en mer

Mon rêve te dessine
Chaque nuit plus présent
Et mon songe en répand
Chaque jour la résine

Par l'aube et le couchant
Par ta main dans la mienne
Et par moi qui suis tienne
Par toi, moi, et le temps

Mon rêve te résine
Chaque nuit palpitante
Mon songe en moi te plante
Chaque jour te dessine

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19 novembre 2007

ÊTRE sur scène

    Nous ne sommes plus que 15 dans notre classe de théâtre, contre 19 l'an dernier.
La rentrée est superbe.
    L'an dernier, nous avions une classe hétéroclite, dispersée, bavarde, déconcentrée... Elle est encore un peu de tout cela, mais différemment.
    Les gens ont mûri cet été, avec ou sans coups de pied au cul. L'une a animé une colo à l'autre bout du monde, l'autre a perdu son papa, deux autres sont tombés en amour, ceux qui n'étaient pas certains de vouloir continer l'école ont pris une décision qui a déteint sur tous les camarades, pour ma part c'est les soucis de famille qui me font relativiser... ou pas. En bref, les gens m'ont paru absolument transformés, et je ne les vois plus sur scène comme l'an dernier.
    L'histoire de notre groupe est en train de démarrer vraiment.

    Nous avons un cours sur Beckett, le théâtre de l'absurde. Beckett, c'est là où l'on attend quelque chose ou quelqu'un qui ne viendra pas. Et nous ne savons pas qui nous attendons, ni pourquoi, mais nous attendons. Parce que nous n'avons rien de mieux à faire. Et cette attente est nourrie par la parole qui naît (le plus souvent) du "j'ai envie de dire que...". Beckett, c'est l'art du minimum. Il faut une neuralité de base, pas d'intonation ou d'intention plaquée, et comme par miracle le texte prend sens quand même, et bien plus vrai et captivant, la présence en est décuplée de façon fantastique. Un clown naît de ça uniquement.
    Ceux qui essayent de monter Beckett dans la noirceur de sa vision du monde tombent à côté. Parce que ça fait oublier deux choses : l'humour du texte, et, par le même biais, le réel but de la pièce, qui n'est pas de torturer le public mais de lui faire comprendre par le rire son triste état : ah ben oui tu te marres, mais si t'étais pas concerné ça te ferait pas rire, en même temps... ah...
    Et hier, une fille est montée sur scène. Je ne l'avais jamais vue que mouvementée, le visage très mobile; dès le moindre mot il était expressif. Là, elle ne devait pas bouger un cil ni être sombre en disant un texte du genre "Un jour tu t'asseoira, comme moi, et tu ne pourras plus te lever". S'ensuit un regard public d'au moins trois secondes. Et là, la présence de l'acteur était à son comble. Elle s'était laissée porter par le texte. Simplement. L'avait articulé, mâché, bu, savouré, donné, en toute pureté.

    C'était divin.

    Une actrice extraordinaire était née sous nos yeux zébahhhis.

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17 novembre 2007

Ah bon? La femme est changeante ?

Rigoletto. (et pas la Traviata!!!). La Donna E Mobile. Avec Pavarotti.
Je rangeais ma chambre en écoutant d'une oreille distraite la musique du compositeur qui m'avait fait tant vibrer dimanche dernier à Garnier, quand je me suis arrêtée net. Electrochoc de beauté.
Quand vous arriverez à la seconde 382, faites-moi le plaisir d'ouvrir grand vos écoutilles. Voilà du grand Art Sacré. Mon Dieu quelle attaque sublime... et la suite est tout aussi fantastique !

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16 novembre 2007

Trust in music

    Les musiciens dans l'âme ont ça en commun qu'ils vivent avec la musique une histoire d'amour passionnelle, qu'ils en fassent leur métier ou non.
    Il est évident que dans chaque relation amoureuse, la confiance est quelque chose qui s'acquiert petit à petit, au fur et à mesure des évènements qui fleurissent sur nos chemins. Parfois, il faut même un bon vieux coup de latte pour qu'on se rende compte à quel point ce qui nous unit est puissant.

    Quand j'étais petite, mes premiers CDs (après les Frères Jacques et Fantasia) étaient uniquement des classiques. Je jouais du violon depuis peu, et l'on ne m'offrait que ça, par conséquent. Du moins c'était la logique des adultes qui m'entouraient. Au début ça m'énervait beaucoup, puisque ce n'était pas ce qu'écoutaient mes copines, et je n'avais donc aucune culture musicale en matière de to be frite ou aquoua ou les autres merdouilles du genre, comme tout le monde. Par contre je reconnaissais un Schubert d'un Beethoven sur quelques mesures.
    Un jour, j'étais pas vieille, je rentre du collège # j'étais en 6ème ou en 5ème # de bonne humeur. Je file dans le jardin pour me défouler tout mon saoûl avant de me coller aux devoirs. Maman vient nous annoncer le décès de ma grand-mère tant aimée.
Je pleurais en silence sur mon oreiller, en regardant les larmes humidifier le tissu, la lumière allumée. J'ai approché de mon lit la petite chaîne hi-fi rouge offerte par ma grand-mère en même temps que mes tous premiers CDs. J'ai aussi cherché dans mon tiroir la cassette qu'elle m'avait donné peu de temps avant. "concertos de Bach"
    Je l'ai mise là où elle avait été arrêtée la dernière fois. Au début du concerto pour violon et orchestre à cordes en la mineur.
    J'écoutais cette musique comme pour la première fois. Et je me disais, si la musique est si belle, si pleine d'amours et de peines, alors elle peut bien porter les miennes. Et, tout en écoutant chaque geste de ce tissu de velours, je couchais dessus toute ma peine. Et je me disais, voilà, tu seras la musique gardienne de ma douleur, tu seras mon deuil de Nanette, si bien que quand je voudrai me souvenir de ce que j'aurai oublié avec le temps, je reviendrai vers toi, et tu me livreras cette mémoire. C'est en me racontant tout cela que je m'endormais enfin, lumière allumée, à moitié recouverte de mes draps et les joues encore collantes de pleurs.

    Quand j'ai voulu ré-écouter Nanette, j'ai cherché la cassette, mais ne l'ai point retrouvée.

    L'avais-je cachée pour être certaine de ne jamais la perdre? Une de mes soeurs l'avait-elle prise pour la même raison que moi? Mon père avait-il voulu l'écouter?

    Je ne l'ai plus jamais revue. Hasard? Peut-être qu'à moitié.

    Depuis qu'un concerto de Bach m'a laissé partir dans ce sommeil sans cauchemar, cette nuit précise, la musique n'est plus un objet mais une partenaire, un compagnon de route. Et elle m'aide autant que j'essaye de la servir.

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15 novembre 2007

Violette, la grande ado

    M'sieurs dames, ce soir je vais vous présenter Violette # j'aime pas du tout ce prénom, et il est pas du tout adapté à la personnalité à laquelle je m'intéresse, ceci dit voilà, ce sera Violette quand même. C'est kiki décide? Mmmh? Ah, bon, quand même. #

    Violette est une petite nana qui a la pêche, avec une vie bien remplie et beaucoup de copains, et quelques bons amis.
Elle comprend vite, lie vite connaissance avec les gens ; elle est sympathique en somme. Elle est armée d'un humour toujours sur le qui-vive, basé sur un air de foutage de gueule et qui vise souvent juste. Son père étant dans le métier, il a bossé avec quelques profs de l'école auparavant. Violette est donc arrivée en territoire conquis.
    Il se trouve que quand elle est sur scène, Violette est absolument déroutante de sincérité. C'est bien, c'est une belle qualité, et ça la rend soit très drôle, soit complètement marteau. Quand il s'agit de tragédie, ce bagage l'aide moins, puisque le malheur n'est pas sur un tapis de sincérité mais de mort. De fait, Violette peut dire à peu près n'importe quoi sans un sourcillement.
    Mais quand on descend de scène, que les rapports humains reprennent leur cours un peu plus simple, Violette reste dans son monde. Elle peut donc être très brutale dans son humour, en disant des choses (vraies ou fausses) gênantes. Comme son auditoire est tout acquis # d'ailleurs j'ai beau essayer de ne pas l'écouter, c'est souvent plus fort que moi #, il l'encourage, sans le savoir, à raconter des bêtises.
    C'est-à-dire que cette fille pourrait se planter devant moi en me disant, avec un applomb tout à fait exceptionnel "je suis dé-so-lée, j'suis en retard, un OVNI était dans les couloirs de mon métro, on est restés bloqués une heure, jusqu'à ce que, pris de panique, le conducteur ait décidé de l'écraser." Et je la croierais.

    Ce petit jeu assez marrant devient un réel souci quand elle se fout de la gueule des gens qui ont pris le parti de lui faire confiance. Par exemple, notre prof du jeudi # qui a bossé et bosse encore avec son père # s'est faite avoir deux semaines de suite. La semaine dernière, elle demande si Violette a quelque chose à apporter pour le cours, et Violette de répondre "ah ben non tu te souviens pas? la semaine dernière je t'avais dit que blabla donc blabla alors aujourd'hui je peux pas blabla". C'était - bien sur - pas vrai. Violette venait de s'inventer une excuse bidon pour faire passer son manque de travail. Aujourd'hui, Violette est partie de l'école juste avant le cours avec cette même prof, parce que ça la gonflait d'avoir 4 heures de cours, sachant qu'elle ne monterait pas sur le plateau, ses partenaires n'ayant pas pu venir faute de métros.
# Est-il besoin de préciser que c'est très représentatif de Violette ? En cours, alors que le travail est passionnant, que la classe n'a jamais été aussi à l'écoute, que les élèves deviennent fabuleux en scène, que leur présence et leur beauté éclatent, alors que tout le monde est aux aguets, dressé sur sa chaise pendant 4 heures à admirer des gens devenir sacrés sur ces planches... Violette, affalée dans un fauteuil, écrit des textos. J'invente rien. #
    La prof, en arrivant, l'a vue ramasser ses affaires, mais n'a pas voulu la déranger, pensant qu'elle allait s'acheter un sandwich entre deux cours. Mais au moment de faire l'appel, la prof constate son absence, l'appelle sur son portable et lui laisse un message bien salé, déplorant son état d'esprit égoïste et désintéressé. Jusque là, c'est normal. Ce qui vient est splendide. Violette écoute le message sur son répondeur, rappelle à l'école. La prof va décrocher, nous - les élèves - étions restés dans la salle de cours. Quelques instants plus tard, la prof revient en disant "Violette avait en fait un rendez-vous prévu de longue date, elle m'a dit qu'elle m'avait prévenu la semaine dernière, mais je m'en souviens pas. Ca m'étonne de ne pas arriver à m'en souvenir. Elle aurait quand même pu me le rappeller quand on s'est croisées aujourd'hui... enfin."
    Tous les élèves faisaient des efforts pour ne pas se regarder d'un regard ahuri, tout ça pour ne pas griller Violette auprès de la prof. Par solidarité pour une conne.

    Et ça, je trouve ça honteux. Qu'on raconte un mytho pour la bonne cause, je dis pas. Mais raconter un mensonge à quelqu'un de confiance, qui plus est pour "excuser" une attitude déplorable, en lui remettant en plus la faute sur la gueule à l'arrivée, je trouve que c'est absolument minable.

    Qu'on ne me demande pas pourquoi je ne supporte pas cette fille. Ca transpire. Plus j'en suis loin, mieux je me porte.

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11 novembre 2007

Retour annoncé des insomnies

Ce soir, petit canard m'a pris dans ses bras. Nous allions nous quitter, mais voulions encore être là, à marcher dans le froid de la nuit, à rire et discuter. Il m'a demandé de faire un détour jusqu'à la Tour Eiffel, qu'il n'avait encore jamais vu de près. Il était heureux, et un seul regard sur lui me rendait heureuse.
Parfois, je l'entendais sans l'écouter, les yeux rivés sur son visage, son beau visage, à le regarder, bercée par le timbre de sa voix. Parfois, il m'entendait sans m'écouter, faisait semblant d'être très intéressé par ce que je disais.
Chacun faisait semblant de n'avoir rien remarqué, et la conversation se poursuivait ainsi, avec calme et douceur, dans l'intimité que nous nous créions, pas à pas.
Son regard avant de m'embras(s)er...
Petit canard...
Oh, j'en suis encore toute remuée...

Posté par gastonette à 23:18 - Des bouts de vie - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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