08 octobre 2007
Où l'on parle du désespoir et d'énergie vitale (1/3)
J'écris ce texte suite à une discussion qu'une amie et moi avons tenu il y a peu, et qui depuis hante toutes mes pensées. Il y aura certainement parmi vous des personnes susceptibles de comprendre ce que j'ai déjà tenté d'exprimer suite à cela, mais qui n'a pas encore été entendu.
Commençons par le début. Voilà maintenant quatre ou cinq ans que je m'intéresse au travail de Mylène Farmer, à son univers ; c'est-à-dire depuis le moment où l'adolescence à commencé à remuer violemment mes pensées. J'entendai par hasard, à la radio, une de ses chansons, je ne sais plus laquelle. Sans doute était-ce A quoi je sers ?, puisque les mots « à quoi bon vivre ? Mais mon Dieu de quoi j'ai l'air ? Je sers à rien du tout », je m'en souviens, résonnaient tout particulièrement dans le cerveau d'une jeune fille assistant à des évenements perturbants et se posant des questions existentielles impossibles à remettre à plus tard. Voir des amis se laisser détruire jusqu'à la mort pour s'être laissés guider par des adultes était insupportable. Plus Grandir, jamais ; je me sentais en Désenchantement et n'osais pas Rêver par peur que ça me retombe sur le coin du nez un jour ou l'autre.
Autant vous dire que quand j'ai trouvé, par hasard, un double CD live de son premier concert parmi un tas de vinyles et Cds de Bob Dylan et des Beatles appartenant à mon père, le petit boîtier noir est passé du salon à ma chambre pour bientôt ne plus quitter ma petite chaîne hi-fi. J'ai compris quelques temps plus tard, quand j'osais déclarer à mes parents que je trouvais dans ces chansons un soutien (enfin quelqu'un avait eu la force de dire tout ça, enfin je comprenais l'importance de dire), qu'eux n'étaient pas du tout sensibles à cette musique ; je mettais donc le sujet de conversation « Mylène Farmer » aux oubliettes, avec une pointe de regret.
Il me semble que c'est elle qui ait eu l'effet déclencheur quand je m'intérrogais sur la nécessité d'écrire. Ce n'était pas vraiment le genre du collège où j'étais, de penser à la mort, ou, pire, au suicide, ou encore de remettre en cause l'existence et la toute bonté/puissance/(côté relou)/sainteté de Dieu. Je m'achetai alors un beau cahier, vite oublié au fond d'un tiroir. Mes lignes n'était certainement pas dignes de si belles pages. J'optais pour un cahier de brouillon "pourrave", un petit truc tout simple auquel il manquait des pages, dans lequel personne n'aurait l'idée d'aller fouiller. Et voilà que j'écrivais des poèmes, très mauvais au demeurant. Mais enfin la balle était lancée.
Nous en venons là où je voulais en venir (oui, pas trop tôt, n'est-ce pas!) :
Un soir tard, en rentrant à pied d'une soirée quelque peu arrosée avec une très chère amie (après avoir voulu utiliser les Vélib' mais nous ne comprenions pas le mode d'emploi... hum), nous discutions de sujets hautement philosophiques (mais si!) comme le désespoir, l'énergie vitale, et les désillusions. En rentrant dans l'appartement, à 2h30, je me frappai le front avec un « ah ben voilà ! J'en ai mis du temps ! ».
Je m'explique : un homme âgé et très sage m'avait dit au cours d'une conversation, que le fait qu'une petite fille me choisisse pour marraine, bien que je ne croie en Dieu que par intermittence, était dû au fait que je dégageais une aura de nana bien dans ses pompes qui a trouvé et choisi sa voie, et que la petite fille avait besoin de cela, sentant qu'elle approchait de l'adolescence. Une autre personne que je connais un peu contredisait ce point de vue au cours de cette soirée, en disant que j'avais un regard qui parfois s'assombrissait, trahissant une infinie tristesse indéfinissable et profonde, et qu'en cela je ne dégageait pas l'assise sobre (!) et réfléchie de quelqu'un suffisemment fort pour soutenir des personnes en difficulté.
Les deux étaient vrais.
...suite au prochain épisode...
Commentaires
Hey cocotte
moi je n'avais pas remarqué la moindre tristesse dans tes jolis yeux noirs la dernière fois !
un brin de malice cependant !
hey je te lis toujours hein... mais moins de temps ;)
:-)))
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